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Brûlure electrique : arroser ou pas

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Les avis divergent sur le sujet de la brûlure électrique, et notamment s'il faut arroser ou pas.

Voici ce que dit la référence française, le Guide national de référence de la formation aux premiers secours (GNR FPS) :

« La victime présente une brûlure
[…]
Conduite à tenir
[…]
2.Refroidir le plus tôt possible la surface brûlée
[…]
Cas particuliers
Brûlures électriques
  • Il s'agit toujours d'une brûlure grave.
  • Allonger et parler régulièrement à la victime.
[…]
Dans chacun de ces cas, toujours appeler les secours médicalisés et suivre leurs conseils. »

Analyse du texte

On voit que la consigne de refroidir est donnée de manière générale pour tous les cas, et devrait donc s'appliquer partout, y compris aux cas particuliers1.

Cependant, parmi les cas particuliers, il y a la brûlure interne par inhalation : il est évidemment impossible de refroidir une brûlure interne par inhalation, or, il n'est pas précisé de ne pas refroidir. On peut donc considérer que le refroidissement préconisé dans la conduite à tenir ne s'applique pas aux cas particuliers, et que s'il fallait refroidir, cela serait indiqué explicitement.

On voit qu'il y a deux lectures possibles du texte, donc le GNR ne permet pas de trancher. Il faut donc se baser sur une analyse bénéfice risque.

Analyse bénéfice/risque

Les bénéfices du refroidissement sont :

  • cela empêche la brûlure de s'aggraver : la peau étant chaude, elle propage la brûlure à l'intérieur même une fois supprimée la source de chaleur (de même qu'une poêle continue à cuire la viande même après que l'on ait coupé le gaz) ;
  • calme la douleur.

Les risques sont :

  • cela retarde d'autres gestes ;
  • cela peut induire une hypothermie ;
  • en présence d'une source de courant électrique, il y a un risque d'électrisation (l'eau peut provoquer des courts-circuits).

Dans le cas de la brûlure électrique, le risque principal n'est pas la chaleur, mais :

  • le risque d'électrisation (protection du sauveteur, des tiers, de la victime) ;
  • le risque de fibrillation, si le courant a traversé le cœur ;
  • un risque d'hypoxie (détresse liée au manque d'oxygène) : si le courant est passé par la poitrine, il a pu provoquer une contraction des muscles respiratoires qui a pu empêcher la respiration avant que le courant ne soit coupé ;
  • la destruction des cellule lors du passage du courant à l'intérieur du corps (rhabdomyolyse), qui peut entraîner des troubles du rythme cardiaque (notamment en raison de la libération des ions potassium contenus dans les cellules) et à moyen terme des problèmes rénaux ;
  • les mouvements involontaires ou la chute ont pu provoquer des traumatismes secondaires.

La priorité doit donc être à la protection, à l'alerte précoce (appel au 15), et à la surveillance des fonctions vitales en attendant les secours (éventuellement : mise en PLS ou réanimation cardiopulmonaire).

Si la protection est faite, que les secours sont prévenus et que la victime est consciente et allongée, on peut alors s'occuper du problème des brûlures, et donc du refroidissement, en s'assurant que l'eau ne peut pas s'écouler vers la source d'électricité. Notons que si le courant est passé à l'intérieur du corps, on ne vera que deux petites brûlures, une au point d'entrée, l'autre au point de sortie, la majeure partie de la brûlure sera interne et donc on ne pourra pas la refroidir.

Notes

1. Nous mettons à part le cas de la brûlure chimique : il n'y a pas d'échauffement, donc pas de refroidissement à faire ; l'arrosage en cas de projection sur la peau est un lavage, pas un refroidissement


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