Chapitre 3 - Les bilans (GNR FPSE 2)Un article de Urgencyclopedie, l'encyclopéde libre.
Le bilan débute à l’instant même de l’arrivée de l’équipe secouriste sur les lieux de l’intervention et se poursuit pendant toute la durée de l’intervention. Il doit être rigoureux et structuré et suffisamment rapide pour ne pas retarder la mise en oeuvre des gestes de secours. Sa transmission doit permettre au médecin régulateur d’évaluer l’état de la victime afin d’adapter sa réponse. On peut déterminer :
Toutefois, il convient de faire la distinction entre :
[modifier] REALISER ET JUSTIFIER UN BILAN CIRCONSTANCIEL
Le bilan circonstanciel permet de répondre aux questions suivantes :
Sur la base de ces informations, un certain nombre d’actions seront effectuée comme :
[modifier] 1.1 Déterminer la nature de l’interventionDès l’arrivée sur les lieux, l’équipier doit recherche tous les indices qui peuvent l’aider à déterminer la nature de l’intervention (accident, malade, intoxication…) et les circonstances de l’accident s’il y a lieu. Cette recherche est utile pour la sécurité de l’intervention et la prise en charge correcte de la victime. Elle est déterminée en interrogant la victime si elle est consciente mais aussi son entourage ou les témoins. Ces renseignements seront, en règle générale, fournit au chef d’équipe.
[modifier] 1.2 Assurer la sécurité de l’interventionL’analyse de la situation permet d’identifier des risques visibles (véhicules accidentés, structure instable, situation violente…) ou moins visibles (risque électrique, présence de substances toxiques…). La sécurité d’une intervention est obtenue par :
Cependant le secouriste ne doit pas conclure trop vite et ne pas oublier qu’un bilan approfondi est toujours nécessaire : une chute d’une l’échelle peut très bien avoir été provoqué par un malaise.
[modifier] 1.3 Demander des moyens de secours complémentaires.Les secours complémentaires doivent être demandés immédiatement, pendant le bilan circonstanciel si les moyens engagés sont insuffisants (plusieurs victimes, présence d’un danger particulier…).
[modifier] 1.4 Compléter et corriger les informations de départ.En règle générale, l’équipier secouriste dispose en se rendant sur les lieux de la mission d’un certain nombre d’informations. Il s’agit :
Le bilan circonstanciel lui permet de les compléter et éventuellement de corriger des données qui sont fausses ou insuffisantes, notamment :
Tous ces renseignements seront fournis au responsable de l’équipe qui en assure la synthèse et la transmission.
[modifier] REALISER ET JUSTIFIER UN BILAN D’URGENCE VITALELe bilan d’urgence vitale a pour but de rechercher une détresse vitale qui menace immédiatement et à très court terme la vie de la victime et qui nécessite la mise en oeuvre rapide de gestes de secours avant toute autre action. Il est réalisé par un équipier dès que la sécurité de la zone d’intervention est assurée. Au cours du bilan d’urgence vitale l’équipier secouriste doit :
[modifier] 2.1 OBSERVER pour se faire une idée générale de la victime.L’approche de la victime par l’équipier secouriste permet de noter rapidement :
L’obstruction brutale et grave des voies aériennes Si la victime présente une obstruction brutale et grave des voies aériennes, il convient sans délai de mettre en oeuvre les manoeuvres de désobstruction des voies aériennes adaptées à l’âge de la victime (cf. chapitre 5, GNR formation de secouriste). L’hémorragie visible Devant une hémorragie externe, l’équipier réalise immédiatement une technique d’arrêt du saignement abondant en utilisant les moyens dont il dispose (cf. chapitre 6, GNR formation de secouriste).
[modifier] 2.2 ECOUTER la victime pour identifier la plainte principale ou reconnaître une inconscienceCette recherche est réalisée en quelques secondes en demandant à la victime : « Comment ça va ? Ouvrez les yeux, serrez moi la main, de quoi vous plaignez-vous ?… ». Elle permet : 1. de reconnaître une inconscience si la victime ne répond pas et ne réagit pas, 2. d’identifier la plainte principale de la victime si elle est consciente. La recherche de la plainte principale de la victime permet à l’équipier secouriste de tenir compte de cette plainte pour la poursuite de son bilan et éviter une aggravation éventuelle. Cependant, comme une plainte peut en cacher une autre, l’équipier secouriste doit poursuivre l’examen de la victime en lui précisant si nécessaire que l’on s’occupera plus tard (bilan et gestes de secours complémentaires) de ce qui la préoccupe. L’inconscience est considérée comme une « plainte principale ». Devant une victime inconsciente l’équipier secouriste réalisera immédiatement une liberté des voies aériennes.
[modifier] 2.3 RECHERCHER les signes d’une détresse vitale moins évidenteLa victime est inconsciente Devant une victime inconsciente l’équipier recherche immédiatement la présence de mouvements respiratoires après avoir assuré la liberté des voies aériennes. Si la respiration est présente : placer la victime en position latérale de sécurité (PLS) et surveiller attentivement sa respiration (cf. chapitre 7 : l’inconscience). Si la respiration est absente : réaliser 2 insufflations et rechercher des signes de circulation. La présence ou non de signes de circulation et notamment du pouls impose la réalisation de gestes de réanimation comme :
La victime est consciente Même si une victime est consciente, l’équipier secouriste doit rechercher des signes qui traduisent une altération d’une ou plusieurs fonctions vitales dont l’évolution peut se faire très rapidement vers une inconscience, un arrêt respiratoire et un arrêt circulatoire (cf. GNR formation de secouriste, chapitre 10, Les détresses vitales). Pour cela, l’équipier secouriste doit examiner la victime et rechercher successivement :
La motricité et la sensibilité des membres supérieurs et inférieurs d’une victime sont recherchées chez une victime consciente en lui demandant :
L’impossibilité de bouger une ou plusieurs extrémités (paralysie) ou de percevoir le toucher traduit une détresse neurologique.
L’équipier secouriste doit examiner les pupilles de la victime. Normalement elles sont de diamètre identique. Des pupilles inégales permettent de suspecter une détresse neurologique liée à un traumatisme crânien ou oculaire, une maladie vasculaire cérébrale ou une intoxication.
L’évaluation de la respiration par l’observation de la partie supérieure de l’abdomen et de la partie inférieure du thorax d’une victime porte sur :
Une respiration rapide, superficielle, difficile ou bruyante ou une désaturation du sang en oxygène traduit une détresse respiratoire.
L’évaluation du pouls est obtenue par la palpation d’une artère :
L’équipier secouriste doit déterminer :
Un pouls rapide ou lent permanent accompagné de la difficulté ou de l’impossibilité à le percevoir (pouls carotidien mieux perçu que le pouls radial ou impossibilité de percevoir les deux) traduit une détresse circulatoire.
(*) Certains sportifs peuvent avoir une fréquence cardiaque basse physiologique (40 à 50).
La couleur des muqueuses est appréciée en observant la face interne des paupières. La température et l’humidité de la peau en plaçant le dos ou le plat de la main sur le front de la victime. Les muqueuses sont normalement roses et la peau chaude et sèche. Les détresses vitales amènent souvent une modification de cet aspect. Des muqueuses blanches ou violacées, une peau brûlante, froide et ou très humide traduisent une détresse circulatoire. L’allongement du temps de recoloration cutanée Le temps de recoloration cutanée traduit la capacité du système circulatoire à remplir les petits vaisseaux de sang après avoir été comprimés. Il est évalué chez une victime au niveau du lit de l’ongle du doigt (cf. Secouriste - chapitre 10, la détresse circulatoire). Lors d’une détresse circulatoire, la mauvaise circulation des extrémités entraîne une absence de recoloration du lit de l’ongle, il reste blanc.
[modifier] 2.4 Transmettre le bilan d’urgenceA l’issue du bilan d’urgence, l’équipier secouriste doit immédiatement informer son responsable pour lui indiquer :
[modifier] REALISER ET JUSTIFIER UN BILAN COMPLEMENTAIREAprès avoir réalisé un bilan d’urgence et débuté la prise en charge d’une éventuelle détresse vitale, le bilan complémentaire permet au équipier secouriste d’effectuer les gestes de secours pour une victime qui présente des signes de malaise, d’aggravation d’une maladie ou une ou plusieurs lésions secondaires à un traumatisme et de recueillir toutes les informations nécessaires à la demande d’un avis médical.
[modifier] 3.1 La victime présente un malaise ou une aggravation brutale d’une maladieL’équipier secouriste doit, devant une victime qui présente un malaise ou une maladie :
INTERROGER la victime 1- Analyser les plaintes La victime consciente qui présente un malaise ou une aggravation brutale d’une maladie exprime en règle générale le ou les troubles qu’elle perçoit. L’équipier secouriste peut lui demander en lui posant la question : « Qu’est qui ne va pas ? Que vous est-il arrivé ? » L’équipier secouriste doit :
Pour chaque plainte exprimée et particulièrement pour la douleur, l’équipier secouriste doit demander à la victime de préciser :
NB : analyser une plainte c’est rechercher son PQRST…. Les plaintes exprimées par la victime, leur analyse et la recherche des signes de gravité (cf.chapitre 11, les malaises et la maladie, GNR formation de secouriste), donne des informations essentielles qui doivent être communiquées à un médecin.
L’équipier secouriste doit faire préciser :
Puis l’équipier secouriste doit rechercher les signes visibles. Pour cela il doit regarder les parties du corps pour lesquelles la victime se plaint de douleur ou de sensations particulières, et transmettre toutes les anomalies constatées. Cependant, certaines manifestations traduisant une anomalie de la circulation sanguine du cerveau doivent être recherchées systématiquement car elles ne s’accompagnent pas de douleur ni de sensation particulières. Se sont :
1- asymétrie de l’expression faciale Demander à la victime de sourire ou de montrer les dents Normal : les deux côtés du visage bougent symétriquement (fig. 3.1a), Anormal : un des côtés du visage ne suit pas l’autre dans ses mouvements (fig. 3.1b).
Demander à la victime (assise ou allongée) de fermer les yeux et d’étendre les bras devant elle pendant 10 secondes Normal : les deux bras bougent symétriquement (fig. 3.2a), Anormal : un des deux bras ne bouge pas ou ne s’élève pas autant que l’autre ou chute progressivement (fig. 3.2b).
Demander à la victime de répéter une phrase comme : « on n’apprend pas à un vieux singe à faire la grimace » Normal : la victime répète les mêmes mots à un rythme normal, Anormal : la parole est empâtée, la victime ne répète pas les mêmes mots ou est incapable de parler. NB : Si l’équipier à constaté lors du bilan d’urgence une anomalie de la température de la victime (victime anormalement chaude ou froide) il peut a ce moment là, mesurer la température de la victime s’il est équipé d’un thermomètre adapté (cf. FT 3.3 – la mesure de la température)
[modifier] 3.2 La victime présente un traumatismeDevant une personne victime d’un traumatisme, l’équipier secouriste doit : 1- INTERROGER la victime pour :
2- EXAMINER la victime pour rechercher des lésions.
Rechercher le mécanisme de l’accident Le mécanisme de l’accident est évalué en interrogant la victime et les témoins. La connaissance du mécanisme de l’accident informe l’équipier secouriste sur la violence du choc, facilite l’examen, la recherche d’une lésion et apporte des renseignements essentiels à la prise en charge médicale de la victime. Un choc, une chute, un faux mouvement, le contact avec un objet tranchant ou contondant, le contact avec un liquide chaud sont les principales causes des lésions traumatiques. Violence du choc La violence du choc générateur des lésions est appréciée par l’équipier secouriste, les exemples suivants traduisent la violence d’un choc et doivent faire rechercher des lésions sérieuses :
Il en est de même lors de l’absence de port de la ceinture de sécurité ou d’un casque de protection qui permette alors de suspecter un traumatisme de la colonne vertébrale ou du crâne. Mécanisme proprement dit Le mécanisme de l’accident permet de rechercher ou de suspecter des lésions. L’équipier secouriste doit le noter et en informer les secours. Par exemple, suite à un accident de la circulation, il précisera si le choc était frontal, latéral ou arrière, si la victime était porteuse d’une ceinture de sécurité et si l’airbag c’est déclenché. Lors d’une chute il indiquera la hauteur de cette chute et sur quoi elle est tombée. Identifier les plaintes de la victime Les douleurs ressenties par la victime aident l’équipier secouriste à rechercher les lésions. La perte de la motricité (impotence), de la sensibilité et des sensations particulières comme des fourmillements ou des décharges électriques dans les membres, font suspecter une atteinte des nerfs ou de la moelle épinière. Rechercher les antécédents La connaissance des antécédents de la victime peut aider le personnel médical à la prise en charge du blessé et éviter certaines mesures qui pourraient la mettre en danger. C’est pourquoi, il est important de poser les questions suivantes :
Si le blessé est inconscient, rechercher un membre de sa famille ou un ami qui pourra répondre à ces questions.
L’équipier secouriste doit regarder les zones douloureuses de la victime à la recherche de signes de traumatismes mais aussi palper les zones indolores à la recherche d’une douleur déclanchée. Il recherche :
1- le traumatisme est mineur ou manifestement localisé (faux mouvement, chute de faible hauteur…) La recherche des lésions est orientée par les plaintes de la victime et notamment la douleur. L’équipier secouriste observe les zones du corps dont se plaint la victime à la recherche de signes de traumatisme. 2- Le traumatisme est violent, la localisation des lésions n’est pas possible (troubles de la conscience…) ou en cas de doute Réaliser un bilan complet des lésions (nature, localisation et étendue) sans mobiliser la victime. Ce bilan, systématique, s’effectue en regardant et en palpant si nécessaire la victime « de la tête aux pieds ».
[modifier] REALISER ET JUSTIFIER UNE SURVEILLANCELe bilan d’urgence et complémentaire aide l’équipier secouriste à déterminer l’état initial de la victime. L’état d’une victime peut toutefois s’aggraver rapidement pendant sa prise en charge ou au contraire s’améliorer. L’équipier doit surveiller la victime en permanence en :
Si l’état de la victime s’aggrave, l’équipier secouriste refait un bilan vital complet, en rend compte ou demande un avis médical et adapte immédiatement la conduite à tenir. 1 En cas de difficulté d’examen et de suspicion de traumatisme sous jacent, les vêtements seront découpés. L’efficacité des gestes de secours réalisés est aussi contrôlée régulièrement : arrêt des hémorragies, reprise de signes de circulation ou de respiration, qualité d’une immobilisation, protection contre le chaud, le froid. Lors d’un transport d’une victime, il est parfois nécessaire de renouveler le bilan complémentaire et d’effectuer les gestes appropriés à toute modification de ce bilan.
[modifier] 4.1 Notifier et transmettre des informations précises et détaillées lors des différentes étapes de la prise en charge d’une victime.
Le bilan est transmis :
Le bilan est transmis par l’équipier secouriste
Le message transmis doit être concis, complet, structuré et logique et en cas d’évolution présenté de façon chronologique. Si un renfort particulier est souhaité, celui ci doit être clairement exprimé. La façon la plus simple pour présenter le bilan d’une victime est d’utiliser la même démarche que celle qui a permis de le réaliser.
De même, toutes les informations recueillies seront notifiées sur un document qui peut être à la fois le rapport d’intervention et la fiche de liaison avec le personnel médical qui prend en charge la victime. La rédaction de ces documents est sous la responsabilité du chef de la mission de secours.
[modifier] REALISER LES TECHNIQUES D’EXAMEN SUIVANTES
[modifier] La mesure de la pression artérielle
La pression artérielle est un indicateur de la fonction circulatoire. La mesure de celle-ci est réalisée par l’équipier, chaque fois que possible, lors de la recherche d’une détresse ou lors d’un traumatisme grave. Toutefois, elle ne doit en aucun cas retarder la mise en oeuvre d’un geste de secours d’urgence. Les valeurs relevées ne sont que des valeurs indicatives et seul un médecin peut les interpréter. La pression artérielle est en effet variable en fonction de l'activité de l'individu (effort, stress, fatigue...). Il faut noter qu'il est parfois très difficile de mesurer la pression artérielle, essentiellement lorsqu’il existe une détresse circulatoire.
L’élévation de la pression artérielle (hypertension) ou sa diminution (hypotension) peuvent se voir à la suite d’un traumatisme ou d’une maladie. La mesure de la pression artérielle apporte au médecin régulateur des indications supplémentaires sur l’état de la victime.
La mesure de la pression artérielle est possible grâce à un appareil, le tensiomètre. Le tensiomètre agit en mesurant la contre pression exercée au niveau du bras par un brassard pneumatique. Il existe des appareils manuels, automatiques et électroniques. Le tensiomètre manuel Le tensiomètre manuel est composé (fig. 3.3) :
La prise manuelle de la pression artérielle peut nécessiter l’utilisation d’un stéthoscope. Seulement utiliser par l’équipier pour la mesure de la pression artérielle, le stéthoscope est composée :
chaque oreille de l’opérateur,
Il est composé (fig. 3.4) :
La mesure de la pression artérielle consiste à relever deux chiffres, par exemple 120 et 80. Ces deux chiffres représentent la pression en millimètre de mercure exercée par le sang dans les artères au moment de la contraction du coeur (ventricule) et au moment de son relâchement. Le chiffre le plus élevé (120) est appelé pression systolique. Il mesure la force exercée par le sang sur la paroi interne des artères lors de la contraction du coeur. Le chiffre le plus bas (80) est appelé pression diastolique.
Cette méthode de mesure de la pression artérielle ne permet pas de mesurer la pression diastolique.
La mesure de la pression artérielle par auscultation nécessite un tensiomètre manuel et un stéthoscope.
La mesure de la pression artérielle à l’aide d’un appareil automatique et électronique demande, de la part de l’équipier, uniquement la mise en place du manchon à pression autour du bras. La mesure se fait alors automatiquement en respectant le mode d’emploi de l’appareil. La mesure de la pression artérielle s’affiche sur les cadrans de même que la fréquence cardiaque.
La mesure de la pression artérielle ne présente aucun risque pour la victime. Si le manchon du tensiomètre est laissé en place pour une nouvelle mesure lors de la surveillance de la victime, l’équipier doit s’assurer que ce dernier est bien dégonflé, pas trop serré ou ne gène pas la victime.
La mise en place correcte de l’appareil et la mesure régulière de la pression artérielle par un équipier sont les garants de l’efficacité de la technique.
Nettoyer régulièrement les brassards (partie textile) surtout s'il y a des taches de sang et le stéthoscope. Disposer de batteries de rechange si l'appareil fonctionne avec des batteries à usage unique ou le mettre en charge. Faire vérifier régulièrement les appareils électroniques et l'état des poches pneumatiques.
Technique 3.2 [modifier] La mesure de la saturation capillaire en oxygène
L’oxymètre de pouls doit être utilisé afin de détecter très rapidement un manque d'oxygène dans l'organisme. Cependant il ne dispense pas l’équipier du bilan de la fonction respiratoire de la victime ni de sa surveillance. La mesure de la saturation capillaire en oxygène n’est qu’un élément complémentaire du bilan secouriste.
La mesure de la saturation capillaire en oxygène reflète l'efficacité du transport de l'oxygène de l’atmosphère respirée jusqu’aux capillaires, lieu d’échange avec les cellules.
L’oxymètre est facile à utiliser. C’est un appareil performant, sûr et fiable. L'appareil comprend (fig. 3.8) :
Le capteur doit être placé sur une peau ou un ongle propre (le vernis à ongle ne permet pas la mesure). Une fois le capteur en place, il faut mettre l'appareil en marche et respecter les recommandations données sur le mode d’emploi de l’appareil. Deux chiffres s'affichent sur l’écran de l’appareil: la fréquence du pouls et la saturation en oxygène (que l'on nomme couramment SpO2) (fig. 3.9). La SpO2 est le reflet, exprimé en pourcentage, de la quantité d'oxygène transportée par le sang. Le pourcentage normal de la SpO2 se situe entre 95 % et 100 %.
Chez une victime agitée ou en cas de détresse circulatoire la mesure de la SpO2 n'est pas fiable car le capteur ne peut pas détecter les pulsations cardiaques. Les intoxications aux fumées et les intoxications au monoxyde de carbone (CO) faussent la mesure et donnent à tort des chiffres rassurants. La lecture n’est également pas fiable chez une victime qui présente des tremblements ou un refroidissement (hypothermie).
La mise en place correcte de l’appareil et la mesure régulière de la pression artérielle par un équipier sont les garants de l’efficacité de la technique.
Nettoyer l’appareil en respectant les recommandations du fabriquant.
Technique 3.3 [modifier] La mesure de la température
La mesure de la température est réalisée lorsque la victime semble anormalement chaude ou froide après avoir évalué l’aspect de la peau et des muqueuses. La mesure de la température d’une victime est réalisée à l’aide d’un thermomètre. Seule est décrite ici la mesure de la température en utilisant un thermomètre tympanique.
La température tympanique est le reflet exact de la température de l’organisme. Sa mesure permet :
Le thermomètre tympanique est habituellement composé de (fig. 3.10) :
Comme tout matériel, l’équipier doit se familiariser avec le mode d’emploi de l’appareil qu’il a à disposition.
Pour limiter tout risque traumatique veiller à prévenir tout mouvement excessif de la tête lors de la mesure. Introduisez la sonde dans le conduit auditif de manière douce et progressive. Ne pas utiliser chez :
Attention, lors de variation brusque de température (passage de l’ambulance à l’environnement extérieur froid) le thermomètre tympanique peut donner des chiffres erronés.
A la fin de la mesure la température s’affiche correctement.
Les couvres sondes sont à usage unique. Nettoyer l’appareil selon les recommandations du fabriquant.
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