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Chapitre 3 - Les bilans (GNR FPSE 2)

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On entend par le terme de BILAN, la phase de recueil par l’équipier secouriste d’informations permettant d’évaluer une situation et l’état d’une ou plusieurs victimes. La réalisation d’un bilan est indispensable à toute action menée par des secouristes en équipe.

Le bilan débute à l’instant même de l’arrivée de l’équipe secouriste sur les lieux de l’intervention et se poursuit pendant toute la durée de l’intervention. Il doit être rigoureux et structuré et suffisamment rapide pour ne pas retarder la mise en oeuvre des gestes de secours. Sa transmission doit permettre au médecin régulateur d’évaluer l’état de la victime afin d’adapter sa réponse.

On peut déterminer :

  • 1. le bilan circonstanciel,
  • 2. le bilan d’urgence vitale,
  • 3. le bilan complémentaire,
  • 4. la surveillance.

Toutefois, il convient de faire la distinction entre :

  • le bilan qui résulte de l’examen de la situation et de la ou des victimes par l’équipier ;
  • la transmission du bilan, échange verbal qui s’effectue entre l’équipier secouriste et son chef ou parfois directement entre l’équipier et le médecin.



Sommaire

REALISER ET JUSTIFIER UN BILAN CIRCONSTANCIEL


Le bilan circonstanciel, encore appelé d’ambiance ou d’approche, est réalisé en quelques secondes par le chef ou un équipier désigné par lui. Il constitue le temps initial de l’action de l’équipier, action qui se résume au recueil des informations concernant la ou les victimes et leur environnement. Il permet d’apprécier la situation, d’en évaluer les risques et de prendre les mesures adaptées notamment en ce qui concerne la protection.

Le bilan circonstanciel permet de répondre aux questions suivantes :

  • que s’est-il passé ?
  • existe-t-il un danger ?
  • les secours sont-ils suffisants pour le moment ?
  • les informations en ma possession sont-elles correctes ?

Sur la base de ces informations, un certain nombre d’actions seront effectuée comme :

  • déterminer la nature de l’intervention,
  • assurer la sécurité de l’intervention (protection des lieux de l’accident, prévention du suraccident, extraction d’une victime d’un milieu potentiellement hostile),
  • demander des moyens de secours complémentaires ;
  • compléter et corriger les informations de départ.

Image:Schema_bilan_circonstanciel.PNG

1.1 Déterminer la nature de l’intervention

Dès l’arrivée sur les lieux, l’équipier doit recherche tous les indices qui peuvent l’aider à déterminer la nature de l’intervention (accident, malade, intoxication…) et les circonstances de l’accident s’il y a lieu. Cette recherche est utile pour la sécurité de l’intervention et la prise en charge correcte de la victime. Elle est déterminée en interrogant la victime si elle est consciente mais aussi son entourage ou les témoins. Ces renseignements seront, en règle générale, fournit au chef d’équipe.


1.2 Assurer la sécurité de l’intervention

L’analyse de la situation permet d’identifier des risques visibles (véhicules accidentés, structure instable, situation violente…) ou moins visibles (risque électrique, présence de substances toxiques…).

La sécurité d’une intervention est obtenue par :

  • le port d’une tenue de protection adaptée (cf. chapitre 1 : GNR du formation de secouriste),
  • l’absence de création de risques supplémentaires (véhicules de secours correctement stationnés…),
  • la protection de la zone avec les moyens immédiatement à disposition (CF. secouriste, Chapitre 3)
  • le dégagement d’urgence d’une victime exposée à un danger qui ne peut être supprimé,
  • l’intervention d’équipes spécialisées face à des risques particuliers.

Cependant le secouriste ne doit pas conclure trop vite et ne pas oublier qu’un bilan approfondi est toujours nécessaire : une chute d’une l’échelle peut très bien avoir été provoqué par un malaise.


1.3 Demander des moyens de secours complémentaires.

Les secours complémentaires doivent être demandés immédiatement, pendant le bilan circonstanciel si les moyens engagés sont insuffisants (plusieurs victimes, présence d’un danger particulier…).


1.4 Compléter et corriger les informations de départ.

En règle générale, l’équipier secouriste dispose en se rendant sur les lieux de la mission d’un certain nombre d’informations.

Il s’agit :

  • de l’adresse de l’événement,
  • de la nature de l’intervention présumée,

Le bilan circonstanciel lui permet de les compléter et éventuellement de corriger des données qui sont fausses ou insuffisantes, notamment :

  • le nombre de victimes,
  • leur gravité,
  • la sécurité de la zone d’intervention et de l’évolutivité possible de la situation.

Tous ces renseignements seront fournis au responsable de l’équipe qui en assure la synthèse et la transmission.


REALISER ET JUSTIFIER UN BILAN D’URGENCE VITALE

Le bilan d’urgence vitale a pour but de rechercher une détresse vitale qui menace immédiatement et à très court terme la vie de la victime et qui nécessite la mise en oeuvre rapide de gestes de secours avant toute autre action.

Il est réalisé par un équipier dès que la sécurité de la zone d’intervention est assurée.

Au cours du bilan d’urgence vitale l’équipier secouriste doit :

  • rechercher une détresse immédiatement vitale,
  • identifier la plainte principale de la victime,
  • rechercher une détresse vitale moins évidente,
  • transmettre les informations recueillies.


Image:Schema_bilan_urgence.PNG


2.1 OBSERVER pour se faire une idée générale de la victime.

L’approche de la victime par l’équipier secouriste permet de noter rapidement :

  • le sexe de la victime,
  • son âge approximatif,
  • l’environnement immédiat, qui permet de déterminer s’il s’agit d’un blessé, d’une personne victime d’un malaise ou d’une maladie (en cas de doute, toujours considérer que la personne a été victime d’un traumatisme),
  • la position de la victime et l’existence d’une détresse vitale évidente comme :
    • Une obstruction brutale grave des voies aériennes
    • Une hémorragie

L’obstruction brutale et grave des voies aériennes

Si la victime présente une obstruction brutale et grave des voies aériennes, il convient sans délai de mettre en oeuvre les manoeuvres de désobstruction des voies aériennes adaptées à l’âge de la victime (cf. chapitre 5, GNR formation de secouriste).

L’hémorragie visible

Devant une hémorragie externe, l’équipier réalise immédiatement une technique d’arrêt du saignement abondant en utilisant les moyens dont il dispose (cf. chapitre 6, GNR formation de secouriste).


2.2 ECOUTER la victime pour identifier la plainte principale ou reconnaître une inconscience

Cette recherche est réalisée en quelques secondes en demandant à la victime :

« Comment ça va ? Ouvrez les yeux, serrez moi la main, de quoi vous plaignez-vous ?… ».

Elle permet :

    1. de reconnaître une inconscience si la victime ne répond pas et ne réagit pas,

    2. d’identifier la plainte principale de la victime si elle est consciente.

La recherche de la plainte principale de la victime permet à l’équipier secouriste de tenir compte de cette plainte pour la poursuite de son bilan et éviter une aggravation éventuelle. Cependant, comme une plainte peut en cacher une autre, l’équipier secouriste doit poursuivre l’examen de la victime en lui précisant si nécessaire que l’on s’occupera plus tard (bilan et gestes de secours complémentaires) de ce qui la préoccupe.

L’inconscience est considérée comme une « plainte principale ». Devant une victime inconsciente l’équipier secouriste réalisera immédiatement une liberté des voies aériennes.


2.3 RECHERCHER les signes d’une détresse vitale moins évidente

La victime est inconsciente

Devant une victime inconsciente l’équipier recherche immédiatement la présence de mouvements respiratoires après avoir assuré la liberté des voies aériennes.

Si la respiration est présente : placer la victime en position latérale de sécurité (PLS) et surveiller attentivement sa respiration (cf. chapitre 7 : l’inconscience).

Si la respiration est absente : réaliser 2 insufflations et rechercher des signes de circulation.

La présence ou non de signes de circulation et notamment du pouls impose la réalisation de gestes de réanimation comme :

  • la respiration artificielle (cf. GNR formation de secouriste, chapitre 8, arrêt de la respiration),
  • les compressions thoraciques (cf. GNR formation de secouriste, chapitre 8, arrêt de la respiration),
  • le choc électrique externe (cf. GNR formation de secouriste, chapitre 9 l’arrêt cardiorespiratoire, la défibrillation automatisée externe).

La victime est consciente

Même si une victime est consciente, l’équipier secouriste doit rechercher des signes qui traduisent une altération d’une ou plusieurs fonctions vitales dont l’évolution peut se faire très rapidement vers une inconscience, un arrêt respiratoire et un arrêt circulatoire (cf. GNR formation de secouriste, chapitre 10, Les détresses vitales).

Pour cela, l’équipier secouriste doit examiner la victime et rechercher successivement :

  • une perte de connaissance initiale et une désorientation de la victime
  • une perte de la motricité et de la sensibilité,
  • une anomalie des pupilles,
  • une altération de la respiration,
  • une altération du pouls,
  • une modification de l’aspect de la peau et des muqueuses,
  • un allongement du temps de recoloration cutanée,


La perte de connaissance initiale et l’orientation de la victime


Exemple de questions à poser :

« Que c’est-il passé ? »
« Quel est votre nom ? »
« Quel jour sommes nous ? »
« Où sommes-nous ? ».


En posant quelques questions à la victime ou à son entourage, l’équipier secouriste peut rapidement :

  • identifier une perte de connaissance initiale, souvent associée à une amnésie de l’accident ou du malaise
  • identifier une désorientation de la victime, celle-ci a perdu ses repères dans le temps (elle ne sait plus quand on est…) et/ou dans l’espace (elle ne sait plus où elle est ?…). Cette désorientation peut être accompagnée d’une somnolence voire au contraire d’une agitation.


La perte de la motricité et de la sensibilité

La motricité et la sensibilité des membres supérieurs et inférieurs d’une victime sont recherchées chez une victime consciente en lui demandant :

  • de remuer les doigts puis les orteils,
  • de percevoir le toucher au niveau des extrémités des membres, du dos de la main, du dos du pied.

L’impossibilité de bouger une ou plusieurs extrémités (paralysie) ou de percevoir le toucher traduit une détresse neurologique.


L’anomalie des pupilles

L’équipier secouriste doit examiner les pupilles de la victime. Normalement elles sont de diamètre identique.

Des pupilles inégales permettent de suspecter une détresse neurologique liée à un traumatisme crânien ou oculaire, une maladie vasculaire cérébrale ou une intoxication.


L’altération de la respiration

L’évaluation de la respiration par l’observation de la partie supérieure de l’abdomen et de la partie inférieure du thorax d’une victime porte sur :

  • la fréquence de la respiration (compter sur une minute),
  • son amplitude,
  • sa régularité et l’absence de pause de plus de 10 secondes entre les mouvements respiratoires.
  • La saturation capillaire en oxygène mesurée avec un oxymètre de pouls si l’équipier à été formé a son utilisation (cf. technique 3.2)


Tableau 3.1 : Fréquences respiratoires normales (mvts/min)
Adulte (et adolescent)
12 à 20
Enfant (1 an à l’âge de la puberté)
20 à 30
Nourrisson (< 1 an)
30 à 60
Nouveau né (< 1 semaine)
40 à 60







Tableau 3.2 : Qualité de la respiration
Normale
respiration silencieuse
Superficielle
mouvements du thorax et de l’abdomen à
peine perceptibles (difficiles à compter)
Difficile
effort respiratoire
Contraction des muscles du haut du thorax
et du cou
Pincement des ailes du nez (enfant et
nourrisson)
Bruyante
Sifflements
ronflements, gargouillements, râles












Une respiration rapide, superficielle, difficile ou bruyante ou une désaturation du sang en oxygène traduit une détresse respiratoire.


L’altération du pouls

L’évaluation du pouls est obtenue par la palpation d’une artère :

  • au niveau du poignet, pouls radial et au niveau du cou, pouls carotidien,
  • au niveau du pli de l’aine, pouls fémoral en cas d’impossibilité de contrôler le pouls carotidien,
  • au niveau de la face interne du bras chez le nouveau né et le nourrisson, pouls huméral.

L’équipier secouriste doit déterminer :

  • la fréquence cardiaque (nombre de battements par minute)
  • la régularité du pouls et l’absence de pause,
  • l’amplitude ou force du pouls :
  • la pression artérielle mesurée avec un tensiomètre si l’équipier est formé à son utilisation. (cf. FT 2.1 – la pression artérielle).

Un pouls rapide ou lent permanent accompagné de la difficulté ou de l’impossibilité à le percevoir (pouls carotidien mieux perçu que le pouls radial ou impossibilité de percevoir les deux) traduit une détresse circulatoire.


Tableau 3.3 : Fréquences cardiaques normales (bts/min)
Adulte (et adolescent)
60 à 100*
Enfant (1 an à l’âge de la puberté)
70 à 140
Nourrisson (< 1 an)
100 à 160
Nouveau né (< 1 semaine)
120 à 160







(*) Certains sportifs peuvent avoir une fréquence cardiaque basse physiologique (40 à 50).


La modification de l’aspect de la peau et des muqueuses

La couleur des muqueuses est appréciée en observant la face interne des paupières. La température et l’humidité de la peau en plaçant le dos ou le plat de la main sur le front de la victime.

Les muqueuses sont normalement roses et la peau chaude et sèche.

Les détresses vitales amènent souvent une modification de cet aspect. Des muqueuses blanches ou violacées, une peau brûlante, froide et ou très humide traduisent une détresse circulatoire.

L’allongement du temps de recoloration cutanée

Le temps de recoloration cutanée traduit la capacité du système circulatoire à remplir les petits vaisseaux de sang après avoir été comprimés. Il est évalué chez une victime au niveau du lit de l’ongle du doigt (cf. Secouriste - chapitre 10, la détresse circulatoire). Lors d’une détresse circulatoire, la mauvaise circulation des extrémités entraîne une absence de recoloration du lit de l’ongle, il reste blanc.


2.4 Transmettre le bilan d’urgence

A l’issue du bilan d’urgence, l’équipier secouriste doit immédiatement informer son responsable pour lui indiquer :

  • l’age et le sexe de la victime,
  • l’existence d’une détresse vitale évidente,
  • la plainte principale de la victime (inconscience ou autre),
  • la présence d’une détresse vitale recherchée (arrêt respiratoire, circulatoire, autre détresse),
  • les gestes de secours d’urgence nécessaires et en cours.


En présence d’une urgence vitale les gestes de secours sont débutés puis le bilan est transmis
pour avis et renfort médical.


Devant des signes de détresse évident, l’équipier ne doit pas perdre de temps à mesurer
la pression artérielle ou la saturation capillaire en oxygène de la victime pour transmettre
le bilan d’urgence et obtenir un renfort médical.








REALISER ET JUSTIFIER UN BILAN COMPLEMENTAIRE

Après avoir réalisé un bilan d’urgence et débuté la prise en charge d’une éventuelle détresse vitale, le bilan complémentaire permet au équipier secouriste d’effectuer les gestes de secours pour une victime qui présente des signes de malaise, d’aggravation d’une maladie ou une ou plusieurs lésions secondaires à un traumatisme et de recueillir toutes les informations nécessaires à la demande d’un avis médical.


Image:Bilan_complémentaire.PNG


3.1 La victime présente un malaise ou une aggravation brutale d’une maladie

L’équipier secouriste doit, devant une victime qui présente un malaise ou une maladie :

  • interroger la victime pour :
    • analyser les plaintes,
    • rechercher ses antécédents,
  • examiner la victime pour identifier des signes visibles de malaise ou de traumatisme

INTERROGER la victime

1- Analyser les plaintes

La victime consciente qui présente un malaise ou une aggravation brutale d’une maladie exprime en règle générale le ou les troubles qu’elle perçoit.

L’équipier secouriste peut lui demander en lui posant la question : « Qu’est qui ne va pas ? Que vous est-il arrivé ? »

L’équipier secouriste doit :

  • écouter la victime,
  • ne pas chercher à interpréter ce qu’elle dit.
  • demander à l’entourage de confirmer les dires (si possible),
  • noter les plaintes exprimées

Pour chaque plainte exprimée et particulièrement pour la douleur, l’équipier secouriste doit demander à la victime de préciser :

  • les circonstances de survenue et le facteur déclenchant, (Provoqué par)
  • ses caractéristiques ; brûlure, serrement, fourmillements… (Qualités),
  • sa localisation (Région du corps atteinte),
  • son intensité et l’évolution (Sévérité…).
  • la durée ; depuis combien de temps (Temps de la plainte).

NB : analyser une plainte c’est rechercher son PQRST….

Les plaintes exprimées par la victime, leur analyse et la recherche des signes de gravité (cf.chapitre 11, les malaises et la maladie, GNR formation de secouriste), donne des informations essentielles qui doivent être communiquées à un médecin.


2- Rechercher les antécédents (MHTA)

L’équipier secouriste doit faire préciser :

  • si la victime présente une maladie connue ou si elle a déjà présenté des malaises identiques,
  • si un médecin a été consulté à cette occasion ou si la victime a été hospitalisée,
  • si la victime prend un traitement médical ou doit prendre des médicaments lorsqu’elle perçoit ces troubles.
  • Si la victime présente une allergie connue.


EXAMINER la victime

Puis l’équipier secouriste doit rechercher les signes visibles. Pour cela il doit regarder les parties du corps pour lesquelles la victime se plaint de douleur ou de sensations particulières, et transmettre toutes les anomalies constatées.

Cependant, certaines manifestations traduisant une anomalie de la circulation sanguine du cerveau doivent être recherchées systématiquement car elles ne s’accompagnent pas de douleur ni de sensation particulières. Se sont :

  • une asymétrie de l’expression faciale,
  • une anomalie de l’extension des membres supérieurs,
  • une anomalie de la parole.


Cette recherche s’effectue de la manière suivante :

1- asymétrie de l’expression faciale

Demander à la victime de sourire ou de montrer les dents

Normal : les deux côtés du visage bougent symétriquement (fig. 3.1a),

Anormal : un des côtés du visage ne suit pas l’autre dans ses mouvements (fig. 3.1b).


Image:Figure_3.1_._Expression_faciale.PNG
Figure 3.1 : Expression faciale
(a) normale, (b) anormale



2- anomalie de l’extension des membres supérieurs,

Demander à la victime (assise ou allongée) de fermer les yeux et d’étendre les bras devant elle pendant 10 secondes

Normal : les deux bras bougent symétriquement (fig. 3.2a),

Anormal : un des deux bras ne bouge pas ou ne s’élève pas autant que l’autre ou chute progressivement (fig. 3.2b).


Image:Figure_3.2_._extension_des_membres_supérieurs.PNG
Figure 3.2 : extension des membres supérieurs
(a) normale, (b) anormale



3- anomalie de la parole.

Demander à la victime de répéter une phrase comme : « on n’apprend pas à un vieux singe à faire la grimace »

Normal : la victime répète les mêmes mots à un rythme normal,

Anormal : la parole est empâtée, la victime ne répète pas les mêmes mots ou est incapable de parler.

NB : Si l’équipier à constaté lors du bilan d’urgence une anomalie de la température de la victime (victime anormalement chaude ou froide) il peut a ce moment là, mesurer la température de la victime s’il est équipé d’un thermomètre adapté (cf. FT 3.3 – la mesure de la température)


3.2 La victime présente un traumatisme

Devant une personne victime d’un traumatisme, l’équipier secouriste doit :

1- INTERROGER la victime pour :

  • a. rechercher le mécanisme de l’accident
  • b. analyser les plaintes de la victime,
  • c. rechercher les antécédents,

2- EXAMINER la victime pour rechercher des lésions.


INTERROGER la victime

Rechercher le mécanisme de l’accident

Le mécanisme de l’accident est évalué en interrogant la victime et les témoins. La connaissance du mécanisme de l’accident informe l’équipier secouriste sur la violence du choc, facilite l’examen, la recherche d’une lésion et apporte des renseignements essentiels à la prise en charge médicale de la victime.

Un choc, une chute, un faux mouvement, le contact avec un objet tranchant ou contondant, le contact avec un liquide chaud sont les principales causes des lésions traumatiques.

Violence du choc

La violence du choc générateur des lésions est appréciée par l’équipier secouriste, les exemples suivants traduisent la violence d’un choc et doivent faire rechercher des lésions sérieuses :

  • chute d’une grande hauteur,
  • explosions,
  • collision entre véhicules,
  • victime éjectée ou renversée par un véhicule,
  • présence d’autres blessés graves,
  • victime qui présente une détresse vitale,

Il en est de même lors de l’absence de port de la ceinture de sécurité ou d’un casque de protection qui permette alors de suspecter un traumatisme de la colonne vertébrale ou du crâne.

Mécanisme proprement dit

Le mécanisme de l’accident permet de rechercher ou de suspecter des lésions. L’équipier secouriste doit le noter et en informer les secours.

Par exemple, suite à un accident de la circulation, il précisera si le choc était frontal, latéral ou arrière, si la victime était porteuse d’une ceinture de sécurité et si l’airbag c’est déclenché.

Lors d’une chute il indiquera la hauteur de cette chute et sur quoi elle est tombée.

Identifier les plaintes de la victime

Les douleurs ressenties par la victime aident l’équipier secouriste à rechercher les lésions.

La perte de la motricité (impotence), de la sensibilité et des sensations particulières comme des fourmillements ou des décharges électriques dans les membres, font suspecter une atteinte des nerfs ou de la moelle épinière.

Rechercher les antécédents

La connaissance des antécédents de la victime peut aider le personnel médical à la prise en charge du blessé et éviter certaines mesures qui pourraient la mettre en danger.

C’est pourquoi, il est important de poser les questions suivantes :

  • avez-vous une maladie connue ? exemple : maladie du coeur, asthme, diabète…
  • avez-vous déjà été hospitalisé ?
  • suivez-vous actuellement un traitement ?
  • êtes-vous allergique ? à quoi ?

Si le blessé est inconscient, rechercher un membre de sa famille ou un ami qui pourra répondre à ces questions.


EXAMINER pour rechercher les signes de traumatisme

L’équipier secouriste doit regarder les zones douloureuses de la victime à la recherche de signes de traumatismes mais aussi palper les zones indolores à la recherche d’une douleur déclanchée. Il recherche :

  • les contusions
  • les gonflements (hématomes, oedèmes) ;
  • les déformations ;
  • les plaies et leur aspect : écorchure, coupure, plaie punctiforme, lacération ;
  • les brûlures et leur aspect : rougeur, présence de cloques intactes ou percées, zone blanchâtre, noirâtre ou brunâtre.

1- le traumatisme est mineur ou manifestement localisé (faux mouvement, chute de faible hauteur…)

La recherche des lésions est orientée par les plaintes de la victime et notamment la douleur.

L’équipier secouriste observe les zones du corps dont se plaint la victime à la recherche de signes de traumatisme.

2- Le traumatisme est violent, la localisation des lésions n’est pas possible (troubles de la conscience…) ou en cas de doute

Réaliser un bilan complet des lésions (nature, localisation et étendue) sans mobiliser la victime. Ce bilan, systématique, s’effectue en regardant et en palpant si nécessaire la victime « de la tête aux pieds ».


Devant tout traumatisme violent, faire maintenir la tête de la victime
(prise latéro-latérale) et mettre en place un collier cervical.


  • Examiner la tête : observer, passer les mains dans les cheveux à la recherche d’un saignement, repérer un écoulement par le nez ou les oreilles, examiner les pupilles, l’aspect de la peau. Rechercher aussi une déformation de la bouche et la présence de vomissements.
  • Examiner le cou : lors de la mise en place du collier cervical, observer et passer les mains sous la nuque sans déplacer ou surélever la tête,
  • Examiner le thorax : soulever ou écarter les vêtements. Rechercher une contusion, une plaie et une anomalie du soulèvement de la poitrine (seule une partie du thorax se soulève).
  • Examiner l’abdomen : soulever ou écarter les vêtements1, rechercher une contusion ou une plaie de l’abdomen (parfois accompagnée d’une sortie de l’intestin). Apprécier le soulèvement de l’abdomen à chaque inspiration.
  • Examiner le dos de la victime : glisser les mains sous la victime sans la mobiliser et sans la déplacer à la recherche d’un saignement. Ne pas chercher à palper la colonne vertébrale. L’équipier peut profiter de manoeuvre de relevage ou de déplacement de la victime pour examiner le dos.
  • Examiner le bassin : L’observation du bassin par un équipier secouriste est toujours difficile et désagréable pour la victime, ne la réaliser que si la victime a subi un traumatisme à ce niveau.
  • Examiner les membres supérieurs et inférieurs : réaliser un examen systématique de chaque membre. Retirer les chaussures, les chaussettes… si possible.
    • Si un membre est traumatisé (douleur, gonflement, déformation) rechercher l’état de la circulation à son extrémité en examinant la motricité, la sensibilité, l’aspect de la peau (couleur, température) le temps de recoloration cutanée et pour le membre supérieur le pouls radial.
    • Chez la victime inconsciente, palper chaque membre en l’empaumant latéralement et en appuyant délicatement à deux mains, en allant de sa racine à son extrémité sans mobiliser les membres. Cette technique permet de localiser certaines déformations.


A l’issue du bilan complémentaire, l’équipier doit :
  • transmettre le bilan pour demander un avis médical (soit à son responsable d’équipe soit directement au médecin),
  • réaliser les gestes de secours nécessaires (position d’attente, pansements, immobilisation…) dans l’attente d’un
    renfort ou d’une mise en condition de transport de la victime (immobilisation, relevage, installation sur un brancard…).



REALISER ET JUSTIFIER UNE SURVEILLANCE

Le bilan d’urgence et complémentaire aide l’équipier secouriste à déterminer l’état initial de la victime. L’état d’une victime peut toutefois s’aggraver rapidement pendant sa prise en charge ou au contraire s’améliorer.

L’équipier doit surveiller la victime en permanence en :

  • lui parlant, en lui expliquant ce qui se passe pour la réconforter,
  • appréciant son état de conscience,
  • recherchant une modification de ses plaintes (avez-vous plus ou moins mal, la douleur est-elle toujours la même ? EVS...),
  • appréciant l’aspect de sa peau,
  • contrôlant régulièrement la fréquence respiratoire et cardiaque

Si l’état de la victime s’aggrave, l’équipier secouriste refait un bilan vital complet, en rend compte ou demande un avis médical et adapte immédiatement la conduite à tenir.

1 En cas de difficulté d’examen et de suspicion de traumatisme sous jacent, les vêtements seront découpés.

L’efficacité des gestes de secours réalisés est aussi contrôlée régulièrement : arrêt des hémorragies, reprise de signes de circulation ou de respiration, qualité d’une immobilisation, protection contre le chaud, le froid.

Lors d’un transport d’une victime, il est parfois nécessaire de renouveler le bilan complémentaire et d’effectuer les gestes appropriés à toute modification de ce bilan.

Image:Schema_surveillance.PNG


4.1 Notifier et transmettre des informations précises et détaillées lors des différentes étapes de la prise en charge d’une victime.


L’équipier secouriste doit être capable de transmettre les résultats du bilan réalisé sur une victime pour :

  • demander du renfort,
  • obtenir un avis médical,
  • rendre compte de son activité.

Le bilan est transmis :

  • après le bilan de circonstance pour demander des renforts supplémentaires ou pour compléter les informations de départ,
  • dés la découverte d’une urgence vitale afin d’obtenir le plus rapidement possible le renfort d’une équipe médicale,
  • à l’issue du bilan complémentaire pour informer des plaintes et des lésions présentées par la victime et des gestes de secours qui ont été entrepris,
  • devant toute modification de l’état de la victime au cours de sa surveillance que ce soit en attendant une équipe médicale ou lors de son transport.

Le bilan est transmis par l’équipier secouriste

  • lors d’une activité en équipe ou en binôme au chef d’équipe:
  • ou, lors d’un PAPS, ou à la demande du chef d’équipe :
    • au médecin régulateur,
    • au PC de l’autorité d’emploi de l’équipier secouriste,
    • à l’équipe médicale qui assure la prise en charge de la victime.

Le message transmis doit être concis, complet, structuré et logique et en cas d’évolution présenté de façon chronologique.

Si un renfort particulier est souhaité, celui ci doit être clairement exprimé.

La façon la plus simple pour présenter le bilan d’une victime est d’utiliser la même démarche que celle qui a permis de le réaliser.

  • donner le sexe et l’age approximatif de la victime,
  • indiquer les circonstances de l’accident ou de la maladie,
  • préciser la plainte principale de la victime,
  • donner les informations concernant l’état de ses fonctions vitales : conscience, respiration et circulation,
  • indiquer les signes et les lésions découvertes,
  • préciser les antécédents de la victime,
  • donner les renseignements concernant les gestes de secours réalisées ou en cours d’exécution.

De même, toutes les informations recueillies seront notifiées sur un document qui peut être à la fois le rapport d’intervention et la fiche de liaison avec le personnel médical qui prend en charge la victime.

La rédaction de ces documents est sous la responsabilité du chef de la mission de secours.


REALISER LES TECHNIQUES D’EXAMEN SUIVANTES


Technique 3.1

La mesure de la pression artérielle


Indications

La pression artérielle est un indicateur de la fonction circulatoire.

La mesure de celle-ci est réalisée par l’équipier, chaque fois que possible, lors de la recherche d’une détresse ou lors d’un traumatisme grave. Toutefois, elle ne doit en aucun cas retarder la mise en oeuvre d’un geste de secours d’urgence.

Les valeurs relevées ne sont que des valeurs indicatives et seul un médecin peut les interpréter. La pression artérielle est en effet variable en fonction de l'activité de l'individu (effort, stress, fatigue...).

Il faut noter qu'il est parfois très difficile de mesurer la pression artérielle, essentiellement lorsqu’il existe une détresse circulatoire.


Justification

L’élévation de la pression artérielle (hypertension) ou sa diminution (hypotension) peuvent se voir à la suite d’un traumatisme ou d’une maladie.

La mesure de la pression artérielle apporte au médecin régulateur des indications supplémentaires sur l’état de la victime.


Matériel

La mesure de la pression artérielle est possible grâce à un appareil, le tensiomètre. Le tensiomètre agit en mesurant la contre pression exercée au niveau du bras par un brassard pneumatique.

Il existe des appareils manuels, automatiques et électroniques.

Le tensiomètre manuel

Le tensiomètre manuel est composé (fig. 3.3) :

  • d’un manchon gonflable qui sera placé autour du bras de la victime (il existe en fonction de la taille des manchons adultes et enfants),
  • d’un tuyau relié à une poire qui permet de gonfler le manchon. Cette poire est équipée d’une valve dont l’ouverture permet au manchon de se dégonfler progressivement,
  • d’un manomètre qui mesure la contre-pression exercé sur le bras.

La prise manuelle de la pression artérielle peut nécessiter l’utilisation d’un stéthoscope. Seulement utiliser par l’équipier pour la mesure de la pression artérielle, le stéthoscope est composée :

  • d’une lyre à l’extrémité de laquelle se trouvent deux embouts qui seront placées dans

chaque oreille de l’opérateur,

  • de tuyaux,
  • d’un pavillon.


Image:Figure_3-3_._tensiomètre_manuel_et_stéthoscope.JPG


Le tensiomètre électronique et automatique

Il est composé (fig. 3.4) :

  • d’une centrale alimentée par une batterie sur laquelle s’affiche les chiffres de la pression artérielle et la fréquence cardiaque,
  • d’un manchon gonflable qui sera placé autour du bras de la victime (identique au tensiomètre manuel),
  • de tuyaux qui relient le manchon à la centrale.


Image:Figure_3-4_._tensiomètre_automatique_et_électronique.JPG


Réalisation

La mesure de la pression artérielle consiste à relever deux chiffres, par exemple 120 et 80. Ces deux chiffres représentent la pression en millimètre de mercure exercée par le sang dans les artères au moment de la contraction du coeur (ventricule) et au moment de son relâchement.

Le chiffre le plus élevé (120) est appelé pression systolique. Il mesure la force exercée par le sang sur la paroi interne des artères lors de la contraction du coeur.

Le chiffre le plus bas (80) est appelé pression diastolique.


1- mesure de la pression artérielle par palpation

  • Placer le manchon du tensiomètre autour du bras de la victime (accessible et non traumatisé). Le bord inférieur du brassard doit être placé à 2 cm au moins au dessus du plie du coude et le repère artériel juste au dessus du passage de l’artère (au niveau du milieu du plie du coude). Si le manomètre est fixé au manchon, celui-ci doit être visible (fig. 3.5 a).
  • Maintenir la poire de gonflage d’une main et fermer la valve (fig. 3.5 b).
  • Avec les doigts de l’autre main, localiser le pouls radial de la victime (fig. 3.5 c).
  • Gonfler doucement le brassard en appuyant sur la poire jusqu'à ne plus percevoir le pouls radial. Continuer à gonfler de 30 mm de Hg en plus après disparition du pouls radial.
  • Dégonfler doucement le brassard en appuyant (ou tournant) sur la valve de dégonflage. L’aiguille du manomètre doit descendre sur le cadrant.
  • Noter la pression sur le cadrant dés que vous percevez à nouveau le pouls radial. Ce chiffre correspond à la pression systolique (fig. 3.5 d).

Cette méthode de mesure de la pression artérielle ne permet pas de mesurer la pression diastolique.


Image:Figure_3-5_._mesure_de_la_pression_artérielle_par_palpation.JPG


2- mesure de la pression artérielle par auscultation

La mesure de la pression artérielle par auscultation nécessite un tensiomètre manuel et un stéthoscope.

  • Placer le manchon du manomètre de la même façon que la mesure de la pression artérielle par palpation.
  • Placer les embouts du stéthoscope dans les oreilles, ils doivent pointer vers l’avant.
  • Localiser le pouls de l’artère qui passe au milieu du pli du coude avec les doigts.
  • Placer le pavillon du stéthoscope sur le trajet de l’artère, juste au dessus du pouls et le maintenir avec l’index et le majeur d’une main.
  • Gonfler doucement le brassard en appuyant sur la poire jusqu'à ne plus entendre le bruit du pouls. Continuer à gonfler de 30 mm de Hg en plus après disparition du bruit du pouls.
  • Dégonfler doucement le brassard en appuyant (ou tournant) sur la valve de dégonflage. L’aiguille du manomètre doit descendre sur le cadrant (de 2 à 3 mm par seconde).
  • Noter la pression sur le cadrant dés que vous réentendez le bruit du pouls. Ce chiffre correspond à la pression systolique (fig. 3.6).
  • Continuer à dégonfler le brassard et noter à nouveau la pression sur le cadrant quand le bruit du pouls disparaît. Ce chiffre correspond à la pression diastolique.
  • La pression artérielle est indiquée en donnant la pression systolique puis la pression diastolique, par exemple 120 / 80.


Image:Figure_3-6_._mesure_de_la_pression_artérielle_par_auscultation.JPG


3- mesure de la pression artérielle automatique

La mesure de la pression artérielle à l’aide d’un appareil automatique et électronique demande, de la part de l’équipier, uniquement la mise en place du manchon à pression autour du bras.

La mesure se fait alors automatiquement en respectant le mode d’emploi de l’appareil. La mesure de la pression artérielle s’affiche sur les cadrans de même que la fréquence cardiaque.


Image:Figure_3-7_._mesure_de_la_pression_artérielle_avec_un_appareil_automatique.JPG


Risques

La mesure de la pression artérielle ne présente aucun risque pour la victime. Si le manchon du tensiomètre est laissé en place pour une nouvelle mesure lors de la surveillance de la victime, l’équipier doit s’assurer que ce dernier est bien dégonflé, pas trop serré ou ne gène pas la victime.


Evaluation

La mise en place correcte de l’appareil et la mesure régulière de la pression artérielle par un équipier sont les garants de l’efficacité de la technique.


Points clés
  • Positionner correctement le brassard à tension,
  • Gonfler le brassard à une pression supérieure à la pression systolique (disparition du pouls radial ou du bruit du pouls brachial).
  • Dégonfler lentement le brassard à tension.
  • Repérer les moments pour relever la pression sur le manomètre.
  • Respecter le mode d’emploi s’il s’agit d’un appareil automatique.


Procédure d’entretien après utilisation

Nettoyer régulièrement les brassards (partie textile) surtout s'il y a des taches de sang et le stéthoscope.

Disposer de batteries de rechange si l'appareil fonctionne avec des batteries à usage unique ou le mettre en charge.

Faire vérifier régulièrement les appareils électroniques et l'état des poches pneumatiques.


Technique 3.2

La mesure de la saturation capillaire en oxygène


L’oxymètre de pouls est un appareil électronique qui mesure la quantité d'oxygène (O2) transportée par les globules rouges au niveau de la circulation capillaire.


Indications

L’oxymètre de pouls doit être utilisé afin de détecter très rapidement un manque d'oxygène dans l'organisme. Cependant il ne dispense pas l’équipier du bilan de la fonction respiratoire de la victime ni de sa surveillance.

La mesure de la saturation capillaire en oxygène n’est qu’un élément complémentaire du bilan secouriste.


Justification

La mesure de la saturation capillaire en oxygène reflète l'efficacité du transport de l'oxygène de l’atmosphère respirée jusqu’aux capillaires, lieu d’échange avec les cellules.


Matériel

L’oxymètre est facile à utiliser. C’est un appareil performant, sûr et fiable.

L'appareil comprend (fig. 3.8) :

  • une unité de mesure doté en règle générale d’un écran de lecture et alimenté par des batteries a usage unique,
  • un capteur que l’on pose sur une partie du corps (doigt, lobe de l'oreille, front ou nez). Il existe des capteurs adaptés en fonction de l’age de la victime (adulte, enfant, nourrisson).


Image:Figure_3-8_._Oxymétre_de_pouls.JPG


Réalisation

Le capteur doit être placé sur une peau ou un ongle propre (le vernis à ongle ne permet pas la mesure).

Une fois le capteur en place, il faut mettre l'appareil en marche et respecter les recommandations données sur le mode d’emploi de l’appareil.

Deux chiffres s'affichent sur l’écran de l’appareil: la fréquence du pouls et la saturation en oxygène (que l'on nomme couramment SpO2) (fig. 3.9).

La SpO2 est le reflet, exprimé en pourcentage, de la quantité d'oxygène transportée par le sang. Le pourcentage normal de la SpO2 se situe entre 95 % et 100 %.


Image:Figure_3.9._Mesure_de_la_saturation_capillaire_en_oxygène.JPG


Risques

Chez une victime agitée ou en cas de détresse circulatoire la mesure de la SpO2 n'est pas fiable car le capteur ne peut pas détecter les pulsations cardiaques.

Les intoxications aux fumées et les intoxications au monoxyde de carbone (CO) faussent la mesure et donnent à tort des chiffres rassurants. La lecture n’est également pas fiable chez une victime qui présente des tremblements ou un refroidissement (hypothermie).


Evaluation

La mise en place correcte de l’appareil et la mesure régulière de la pression artérielle par un équipier sont les garants de l’efficacité de la technique.

Points clés
  • Positionner correctement le capteur de lecture de la saturation,
  • Respecter le mode d’emploi de l’appareil.
  • Lire et transmettre la mesure réalisée.


Procédure d’entretien après utilisation

Nettoyer l’appareil en respectant les recommandations du fabriquant.


Technique 3.3

La mesure de la température


Indications

La mesure de la température est réalisée lorsque la victime semble anormalement chaude ou froide après avoir évalué l’aspect de la peau et des muqueuses.

La mesure de la température d’une victime est réalisée à l’aide d’un thermomètre. Seule est décrite ici la mesure de la température en utilisant un thermomètre tympanique.


Justification

La température tympanique est le reflet exact de la température de l’organisme. Sa mesure permet :

  • de compléter le bilan secouriste,
  • de confirmer la sensation de victime chaude ou froide (évaluation de l’aspect de la peau et des muqueuses),
  • permettra de mieux apprécier l’état de la victime.


Matériel

Le thermomètre tympanique est habituellement composé de (fig. 3.10) :

  • un distributeur de couvres sondes à usage unique ;
  • un écran qui affiche la température ainsi que les instructions d’utilisation ;
  • un bouton qui permet d’éjecter le couvre sonde à usage unique dans le conteneur de déchet d’activité de soin ;
  • un bouton qui active la mesure de la température ;
  • un logement pour les batteries à usage unique.

Comme tout matériel, l’équipier doit se familiariser avec le mode d’emploi de l’appareil qu’il a à disposition.


Image:Figure_3.10_._Thermomètre_électronique_tympanique.JPG


Réalisation

  • Mettre un couvre sonde à usage unique sur l’extrémité de la sonde avant toute mesure de la température (fig. 3.11 a).
  • Saisir le pavillon de l’oreille et exercer une légère traction vers le haut et vers l’arrière (fig. 3.11 b)
  • Positionner l’ensemble sonde / couvre-sonde à l’entrée du conduit auditif externe de la victime. L’enfoncer doucement aussi loin qu’il peut aller en dirigeant la sonde vers l’oeil opposé.
  • Appuyer sur le bouton de mesure de la température (fig. 3.11 c).
  • Retirer le thermomètre du conduit auditif après l’émission d’un bip sonore par l’appareil indiquant la fin de la prise de température.
  • Lire la température relevée sur l’écran (fig. 3.11 d).
  • Ejecter le couvre sonde dans le conteneur d’activité de soin.


Image:Figure_3.11_._Utilisation_du_thermomètre_électronique_tympanique.JPG


Risques

Pour limiter tout risque traumatique veiller à prévenir tout mouvement excessif de la tête lors de la mesure.

Introduisez la sonde dans le conduit auditif de manière douce et progressive.

Ne pas utiliser chez :

  • l’enfant de moins de 3 mois, car le diamètre de son conduit auditif est inférieur à celui de la sonde du thermomètre ;
  • le traumatisme auriculaire bilatéral, lors d’un accident avec explosion par exemple.

Attention, lors de variation brusque de température (passage de l’ambulance à l’environnement extérieur froid) le thermomètre tympanique peut donner des chiffres erronés.


Evaluation

A la fin de la mesure la température s’affiche correctement.


Points clés
  • Utiliser un couvre sonde pour chaque victime.
  • Positionner la sonde dans le conduit auditif, vers l’avant et en haut.
  • Transmettre la température recueillie.


Procédure d’entretien après utilisation

Les couvres sondes sont à usage unique.

Nettoyer l’appareil selon les recommandations du fabriquant.



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