Compression thoraciqueUn article de Urgencyclopedie, l'encyclopéde libre.
Dans le deuxième cas, on parlait auparavant de massage cardiaque externe (MCE) ; ce terme a été abandonné car à aucun moment le cœur n'est comprimé. Cette technique n'est pas une fin en soi mais s'inscrit dans une logique de premiers secours : protection - bilan - alerte des secours - geste de premiers secours. Le risque de cet technique est de fracturer des côtes de la victime, mais ce risque est négligeable par rapport à la situation (mort certaine de la victime si l'on ne fait rien). On peut s'entraîner à cette technique sur un mannequin prévu à cet effet, contacter les associations de secourisme pour l'apprendre.
[modifier] Description de la techniqueImage manquante RCP2.jpg Entraînement aux compressions thoraciques sur un mannequin [modifier] Position de la victimeLa victime doit être placée plat-dos sur une surface dure, en général à même le sol : sur une surface molle comme un lit, l'appui serait inefficace (on comprime le matelas, pas la poitrine). En milieu hospitalier, certains lits ont un matelas pneumatique pour éviter les escarres et possèdent une valve permettant le dégonflage d'urgence, ce qui permet de transformer le lit en plan dur, sinon, il est possible de positionner une planche dorsale courte sous le tronc du patient ; dans les deux cas, l'efficacité est maximale si la personne effectuant les compressions thoraciques est à genou sur le lit [1]
[modifier] Position du sauveteurLe sauveteur doit être placé bien à l'aplomb au-dessus du point d'appui, bras tendu, afin d'être sûr d'appuyer vers le bas. Entre 1991 et 2001, on a recommandé en France de mettre le bras de la victime à angle droit, et que le sauveteur chevauche le bras : ainsi, le sauveteur était plus proche du corps (ce qui permet une meilleure verticalité), et le bras constitue un repère permettant de passer facilement des compressions thoraciques au bouche-à-bouche. Depuis 2001, on recommande au contraire de mettre le bras le long du corps : ainsi, en cas de mise en œuvre d'un défibrillateur semi-automatique ou automatique externe, le sauveteur risque moins de toucher la victime (ce qui poserait des problèmes lors de l'analyse, ainsi qu'un risque de choc électrique pour le sauveteur). Dans le cas d'un nourrisson, la surface dure est en général une table dans le cas de la réanimation cardio-pulmonaire, ou bien l'avant-bras du sauveteur dans le cas d'une désobstruction des voies aériennes.
[modifier] Position des mains
L'appui sur le thorax doit se faire sur le sternum, strictement sur la ligne médiane, jamais sur les côtes.
[modifier] Rythme de compressionDans le cas de la réanimation cardio-pulmonaire, le rythme constitue un point important des compressions. Il faut s'attacher à faire des compressions régulières, à laisser la poitrine reprendre sa forme initiale entre deux compression, et à ce que le temps de relâchement soit égal au temps de compression. En effet, le relâchement de la poitrine permet le retour veineux, et donc le remplissage du cœur, capital pour la bonne circulation. Le rythme de massage doit être suffisant pour faire circuler le sang, mais pas trop rapide sinon la circulation n'est pas efficace (on crée des turbulences qui s'opposent à l'écoulement du sang). Le fait d'adopter un rythme régulier permet aussi d'avoir des mouvements fluides, ce qui réduite le risque de fracture de côtes. On conseille pour cela de compter à voix haute : « un-et-deux-et-trois-… », les « et » correspondant au temps de relâchement. Les recommandations européennes [2] indiquent qu'un cycle compression-relâchement doit durer 0,6 secondes (on fait donc 15 cycles en 12 secondes) ; cela représente une fréquence de 100 compressions par minute, mais les cycles de compression étant interrompus par des insufflations, il n'y a en fait que 75 à 80 compressions thoraciques en une minute. Cette fréquence est un des points critiques de l'efficacité circulatoire :
[modifier] Compression thoracique sur un adulte ou un enfant de plus de huit ans
Tout balancement d'avant en arrière du tronc du sauveteur doit être proscrit : les coudes ne doivent pas être fléchis, les avant-bras sont bien tendus dans le prolongement des bras. Les mains restent en contact avec le sternum entre chaque compression. La durée de compression doit être égale à celle du relâchement de la pression sur le thorax (rapport 50/50). Le thorax doit reprendre sa dimension initiale après chaque compression (qui doit donc être relâchée complètement) pour que l'efficacité des compressions thoraciques soit maximale. Le passage de l'insufflation aux compressions et des compressions aux insufflations doit être effectué aussi rapidement que possible, sous peine de diminuer l'efficacité de la RCP. Après chaque insufflation, les mains seront placées au même endroit pour réaliser les compressions thoraciques sans nouvelle recherche systématique de la zone d'appui.
[modifier] Compression thoracique sur un enfant entre un et huit ansSur un enfant de un à huit ans, la compression se fait avec un seul bras tendu, afin de limiter la force exercée. La poitrine doit s'enfoncer de 3 à 4 cm.
[modifier] Compression thoracique sur un nourrisson de moins d'un an
[modifier] Systèmes mécaniquesDes systèmes mécaniques ont été développés pour essayer de remplacer l'action de la main. Le premier était sous la forme d'une roue excentrée assurant une compression cyclique sur le sternum. Ce système a été abandonné. À partir du milieu des années 1990 est apparue la cardio-pompe (Ambu® Cardio-pump) : il s'agit d'une ventouse que l'on colle sur la poitrine, et munie de poignées. Si le bénéfice en matière de circulation a été prouvé, peu d'études ont en revanche prouvé un meilleur taux de survie, et l'efficacité du dispositif est contestée (il n'est toutefois pas néfaste). Après un engouement pour ce dispositif prometteur, de nombreux organismes cessent de l'utiliser. Un système similaire a été inventé et permettant de faire des contre-compression abdominales : le LifeStick™ Ressuscitator [1] (http://www.lifestick.com/). Il comprend deux parties adhésives, une allant sur la poitrine et l'autre sur l'abdomen, reliées par un balancier muni de deux poignées. De nouveaux systèmes sont apparus dans les années 2000 [5] :
[modifier] Autres techniques associéesD'autres techniques ont été essayées par des équipes médicales en association avec les compressions thoraciques. Par exemple, le fait d'effectuer des compressions abdominales à contre-temps des compressions thoraciques pour améliorer le retour veineux ; cela ne peut se faire que sur un patient intubé en raison des risques de régurgitation (syndrome de Mendelson), et est au final peu pratiqué, sans doute en raison d'un manque de bénéfice flagrant. Dans certains cas, les équipes médicales pratiquent des massages des membres pour assurer une circulation jusqu'aux extrémités : en effet, le sang circulant mal, une des complications possibles en cas de survie est l'amputation d'extrémités. Ceci ne peut se concevoir qu'avec une équipe importante, et donc exclusivement en bloc opératoire. On pourrait objecter que plus le sang va vers les extrémités, moins il va vers le myocarde et le cerveau. [modifier] Bibliographie[1] PY. Gueugniaud (Lyon), P. Plaisance (Montréal), M. Vranckx, B. Huart, B. Atanasova, F. Duwe, A. Farhat, J. Thomas (Nivelles), Massage cardiaque externe dans un lit d'hôpital : une planche est-elle utile ?, communication du congrès Urgence de la SFMU 2004 [5] (http://www.sfmu.org/congres_urgences/resumes/?submit=Rechercher&keywords=MCE+lit&date=&operator=AND&numres=10&page=1&id=2763) [2] European Resuscitation Council Guidelines 2000 for Adult Basic Life Support, p4 [6] (http://www.erc.edu/new/download.php?d=120&i=1&f=1) [3] B.S. Abella et coll. : Chest compression rates during cardiopulmonary resuscitation are suboptimal. A prospective study during in-hospital cardiac arrest., Circulation n°111 (2005), pp 428-434 [4] Dr J. Hascoët (service médical BSPP), Secourisme revue n°149 (avril 2005), éd. Association des instructeurs et moniteurs de secourisme (Anims (http://www.anims.asso.fr/)) [5] ,L. Wik, Automatic and manual mechanical external chest compression devices for cardiopulmonary resuscitation, Ressuscitation volume 47, n°1, septembre 2000, pp7—25 [modifier] Voir aussi[modifier] Documents à télécharger
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