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Compression thoracique

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La compression thoracique est un geste de premiers secours qui se pratique dans deux circonstances :

  • la victime est consciente et s'étouffe par un corps étranger (aucun son ne sort de la bouche), mais on ne peut pas pratiquer la méthode d'Heimlich (par exemple c'est une femme enceinte, ou un nourrisson sur lequel la méthode de Mofenson a échoué, ou une victime inconsciente pour laquelle les insufflations ne passent pas) ; le but ici est de provoquer une surpression dans les poumons pour déloger le corps étranger ;
  • la victime est inconsciente, ne respire pas et son cœur ne bat plus, les compressions thoraciques servent ici à faire circuler le sang ; on alterne deux insufflations (bouche-à-bouche) et quinze compressions thoraciques ; l'ensemble ventilation artificielle/massage cardiaque est appelé réanimation cardio-pulmonaire (RCP).

Dans le deuxième cas, on parlait auparavant de massage cardiaque externe (MCE) ; ce terme a été abandonné car à aucun moment le cœur n'est comprimé.

Cette technique n'est pas une fin en soi mais s'inscrit dans une logique de premiers secours : protection - bilan - alerte des secours - geste de premiers secours.

Le risque de cet technique est de fracturer des côtes de la victime, mais ce risque est négligeable par rapport à la situation (mort certaine de la victime si l'on ne fait rien). On peut s'entraîner à cette technique sur un mannequin prévu à cet effet, contacter les associations de secourisme pour l'apprendre.

Sommaire

Description de la technique

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Entraînement aux compressions thoraciques sur un mannequin

Position de la victime

La victime doit être placée plat-dos sur une surface dure, en général à même le sol : sur une surface molle comme un lit, l'appui serait inefficace (on comprime le matelas, pas la poitrine).

En milieu hospitalier, certains lits ont un matelas pneumatique pour éviter les escarres et possèdent une valve permettant le dégonflage d'urgence, ce qui permet de transformer le lit en plan dur, sinon, il est possible de positionner une planche dorsale courte sous le tronc du patient ; dans les deux cas, l'efficacité est maximale si la personne effectuant les compressions thoraciques est à genou sur le lit [1]


Position du sauveteur

Le sauveteur doit être placé bien à l'aplomb au-dessus du point d'appui, bras tendu, afin d'être sûr d'appuyer vers le bas.

Entre 1991 et 2001, on a recommandé en France de mettre le bras de la victime à angle droit, et que le sauveteur chevauche le bras : ainsi, le sauveteur était plus proche du corps (ce qui permet une meilleure verticalité), et le bras constitue un repère permettant de passer facilement des compressions thoraciques au bouche-à-bouche.

Depuis 2001, on recommande au contraire de mettre le bras le long du corps : ainsi, en cas de mise en œuvre d'un défibrillateur semi-automatique ou automatique externe, le sauveteur risque moins de toucher la victime (ce qui poserait des problèmes lors de l'analyse, ainsi qu'un risque de choc électrique pour le sauveteur).

Dans le cas d'un nourrisson, la surface dure est en général une table dans le cas de la réanimation cardio-pulmonaire, ou bien l'avant-bras du sauveteur dans le cas d'une désobstruction des voies aériennes.


Position des mains

  • Déterminer la zone d'appui de la façon suivante :
    • repérer, de l'extrémité du majeur, le creux situé en haut du sternum à la base du cou ;
    • repérer, du majeur de l'autre main, le creux où les côtes se rejoignent (en bas du sternum) ;
    • déterminer le milieu du sternum (fig. 35).
  • Placer le « talon » d'une main (fig. 36) juste en dessous du milieu repéré, c'est-à-dire sur le haut de la moitié inférieure du sternum.

L'appui sur le thorax doit se faire sur le sternum, strictement sur la ligne médiane, jamais sur les côtes.

  • Placer l'autre main au-dessus de la première, en entrecroisant les doigts des deux mains. On peut aussi placer la seconde main à plat sur la première, mais en veillant à bien relever les doigts sans les laisser au contact du thorax (fig. 37).
Figure 35.   Localiser la zone d'appui sur le sternum.
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Figure 35. Localiser la zone d'appui sur le sternum.

Figure 36.   Le talon de la main.
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Figure 36. Le talon de la main.

Figure 37.   Position des mains du sauveteur, doigts crochetés ou mains croisées. Zone d'appui
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Figure 37. Position des mains du sauveteur, doigts crochetés ou mains croisées. Zone d'appui

Rythme de compression

Dans le cas de la réanimation cardio-pulmonaire, le rythme constitue un point important des compressions. Il faut s'attacher à faire des compressions régulières, à laisser la poitrine reprendre sa forme initiale entre deux compression, et à ce que le temps de relâchement soit égal au temps de compression. En effet, le relâchement de la poitrine permet le retour veineux, et donc le remplissage du cœur, capital pour la bonne circulation.

Le rythme de massage doit être suffisant pour faire circuler le sang, mais pas trop rapide sinon la circulation n'est pas efficace (on crée des turbulences qui s'opposent à l'écoulement du sang).

Le fait d'adopter un rythme régulier permet aussi d'avoir des mouvements fluides, ce qui réduite le risque de fracture de côtes.

On conseille pour cela de compter à voix haute : « un-et-deux-et-trois-… », les « et » correspondant au temps de relâchement.

Les recommandations européennes [2] indiquent qu'un cycle compression-relâchement doit durer 0,6 secondes (on fait donc 15 cycles en 12 secondes) ; cela représente une fréquence de 100 compressions par minute, mais les cycles de compression étant interrompus par des insufflations, il n'y a en fait que 75 à 80 compressions thoraciques en une minute.

Cette fréquence est un des points critiques de l'efficacité circulatoire :

  • une étude étatsunienne [3] a montré une corrélation entre le taux de survie et la fréquence de massage : chez les patients survivants, la fréquence moyenne de compression était de 90 par minute, alors que chez les patients décédés, elle était de 70 par minute seulement ;
  • une étude française [4] a montré que sur le terrain, les sapeurs-pompiers avaient tendance à masser beaucoup trop vite, avec une fréquence comprise entre 130 et 160 compressions par minutes ; à cette fréquence, le cœur n'a pas le temps de bien se remplir, la circulation sanguine est donc moins efficace ; ceci est attribué au stress de l'intervention et à une dérive de la formation ;

Compression thoracique sur un adulte ou un enfant de plus de huit ans

  • Réaliser des compressions sternales successives de 4 à 5 cm en restant bien vertical par rapport au sol pendant toutes la manœuvre (Fig. 38 et 39), si besoin en écartant le bras de la victime.

Tout balancement d'avant en arrière du tronc du sauveteur doit être proscrit : les coudes ne doivent pas être fléchis, les avant-bras sont bien tendus dans le prolongement des bras.

Les mains restent en contact avec le sternum entre chaque compression.

La durée de compression doit être égale à celle du relâchement de la pression sur le thorax (rapport 50/50).

Le thorax doit reprendre sa dimension initiale après chaque compression (qui doit donc être relâchée complètement) pour que l'efficacité des compressions thoraciques soit maximale.

Le passage de l'insufflation aux compressions et des compressions aux insufflations doit être effectué aussi rapidement que possible, sous peine de diminuer l'efficacité de la RCP. Après chaque insufflation, les mains seront placées au même endroit pour réaliser les compressions thoraciques sans nouvelle recherche systématique de la zone d'appui.

Figure 38.   Compressions thoraciques, bras de la victime le long du corps.
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Figure 38. Compressions thoraciques, bras de la victime le long du corps.

Figure 39.  Compressions thoraciques, bras de la victime entre les jambes du sauveteur.
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Figure 39. Compressions thoraciques, bras de la victime entre les jambes du sauveteur.


Compression thoracique sur un enfant entre un et huit ans

Sur un enfant de un à huit ans, la compression se fait avec un seul bras tendu, afin de limiter la force exercée. La poitrine doit s'enfoncer de 3 à 4 cm.

 Figure 40. Compressions thoraciques chez l'enfant.
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Figure 40. Compressions thoraciques chez l'enfant.











Compression thoracique sur un nourrisson de moins d'un an

  • Localiser le sternum du nourrisson et placer la pulpe de deux doigts d'une main dans l'axe du sternum, une largeur de doigt au-dessous d'une ligne droite imaginaire réunissant les mamelons de l'enfant (Fig. 41).
  • Comprimer régulièrement le sternum avec la pulpe des deux doigts d'environ 2 à 3 cm et à une fréquence de 100 par minute.
 Figure 41. Compressions thoraciques chez le nourrisson.
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Figure 41. Compressions thoraciques chez le nourrisson.











Systèmes mécaniques

Des systèmes mécaniques ont été développés pour essayer de remplacer l'action de la main. Le premier était sous la forme d'une roue excentrée assurant une compression cyclique sur le sternum. Ce système a été abandonné.

À partir du milieu des années 1990 est apparue la cardio-pompe (Ambu® Cardio-pump) : il s'agit d'une ventouse que l'on colle sur la poitrine, et munie de poignées. Si le bénéfice en matière de circulation a été prouvé, peu d'études ont en revanche prouvé un meilleur taux de survie, et l'efficacité du dispositif est contestée (il n'est toutefois pas néfaste). Après un engouement pour ce dispositif prometteur, de nombreux organismes cessent de l'utiliser.

Un système similaire a été inventé et permettant de faire des contre-compression abdominales : le LifeStick™ Ressuscitator [1] (http://www.lifestick.com/). Il comprend deux parties adhésives, une allant sur la poitrine et l'autre sur l'abdomen, reliées par un balancier muni de deux poignées.

De nouveaux systèmes sont apparus dans les années 2000 [5] :

  • le système Lucas CPR de Jolife : il s'agit d'un moteur acctionnant un piston qui appuie périodiquement sur le thorax ; le moteur est relié à une planche se glissant sous les omoplates par une sangle [2] (http://www.jolife.com/) ;
  • le système AutoPulse™ de Revivant™ : une planche est glissée dans le dos de la victime, et une sangle s'y attache et passesur la poitrine ; la planche dispose d'un système mécanique qui tend et détend la sangle, assurant les compressions thoraciques[3] (http://www.revivant.com/pages/prod_info.html)
  • le système Thumper® de Michigan Instrument, qui est un piston muni d'un pied qui se fixe sur une planche dorsale [4] (http://www.michiganinstruments.com/Thumper.htm)

Autres techniques associées

D'autres techniques ont été essayées par des équipes médicales en association avec les compressions thoraciques. Par exemple, le fait d'effectuer des compressions abdominales à contre-temps des compressions thoraciques pour améliorer le retour veineux ; cela ne peut se faire que sur un patient intubé en raison des risques de régurgitation (syndrome de Mendelson), et est au final peu pratiqué, sans doute en raison d'un manque de bénéfice flagrant.

Dans certains cas, les équipes médicales pratiquent des massages des membres pour assurer une circulation jusqu'aux extrémités : en effet, le sang circulant mal, une des complications possibles en cas de survie est l'amputation d'extrémités. Ceci ne peut se concevoir qu'avec une équipe importante, et donc exclusivement en bloc opératoire. On pourrait objecter que plus le sang va vers les extrémités, moins il va vers le myocarde et le cerveau.

Bibliographie

[1] PY. Gueugniaud (Lyon), P. Plaisance (Montréal), M. Vranckx, B. Huart, B. Atanasova, F. Duwe, A. Farhat, J. Thomas (Nivelles), Massage cardiaque externe dans un lit d'hôpital : une planche est-elle utile ?, communication du congrès Urgence de la SFMU 2004 [5] (http://www.sfmu.org/congres_urgences/resumes/?submit=Rechercher&keywords=MCE+lit&date=&operator=AND&numres=10&page=1&id=2763)

[2] European Resuscitation Council Guidelines 2000 for Adult Basic Life Support, p4 [6] (http://www.erc.edu/new/download.php?d=120&i=1&f=1)

[3] B.S. Abella et coll. : Chest compression rates during cardiopulmonary resuscitation are suboptimal. A prospective study during in-hospital cardiac arrest., Circulation n°111 (2005), pp 428-434

[4] Dr J. Hascoët (service médical BSPP), Secourisme revue n°149 (avril 2005), éd. Association des instructeurs et moniteurs de secourisme (Anims (http://www.anims.asso.fr/))

[5] ,L. Wik, Automatic and manual mechanical external chest compression devices for cardiopulmonary resuscitation, Ressuscitation volume 47, n°1, septembre 2000, pp7—25

Voir aussi

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