DéfibrillationUn article de Urgencyclopedie, l'encyclopéde libre.
[modifier] La défibrillationLa défibrillation est le geste médical consistant à faire passer un courant électrique dans le cœur lorsqu'il présente certains troubles du rythme appelés fibrillation. [modifier] Phénomène de fibrillationLe cœur est une pompe, composée d'un organe creux muni de valves, et d'un muscle (le myocarde) qui l'actionne. Pour que le sang circule efficacement dans le corps, il faut que toutes les parties du myocarde se contractent ensemble. Pour cela, les fibres musculaires sont commandées par une impulsion électrique. Ce sont ces impulsions électriques qui sont recueillies au cours d'un électrocardiogramme (ECG). Dans certains cas, les impulsions électriques émises ne sontpas synchronisées mais anarchiques ; dans ce cas-là, les fibres musculaires de la partie touchée se contractent de manière anarchique et inefficace, la partie ne contribue plus à la circulation du sang. Selon la partie touchée et son étendue, les conséquences peuvent aller d'un malaise à une mort subite par arrêt cardiaque. On distingue la « fibrillation auriculaire », qui concerne les oreillettes, et la « fibrillation ventriculaire » qui concerne les ventricules. La fibrillation peut résulter d'une maladie ou d'une cause traumatique, comme par exemple une électrisation. [modifier] Fibrillation auriculaireLa fibrillation auriculaire peut se traiter au cabinet d'un médecin, généraliste ou cardiologue, qui, après diagnostic, va effectuer la défibrillation. [modifier] Arrêt cardiaque par fibrillation ventriculaireAu cours de certaines maladies (notamment dans certains infarctus du myocarde) ou suite à un choc électrique (électrocution), le cœur peut se mettre à battre de manière anarchique, c'est la fibrillation ventriculaire (FV) ; des signaux électriques parasites font se contracter les fibres de manière désordonnée, la circulation sanguine ne peut plus se faire. Le c œur bat extrêmement rapidement et de manière anarchique (300 à 400 pulsations par minute), cela se traduit par une inefficacité quasi totale de la fonction pompe. Dans une telle situation, la personne s'effondre, elle ne respire plus, son pouls n'est plus perceptible. Cette situation évolue très vite (en quelques minutes) vers le décès de la personne ou des dégâts neurologiques irréversibles ; en effet, les organes (dont le cerveau et le myocarde lui-même) ne sont plus alimentés en oxygène et meurent. L'amplitude des mouvement anarchiques du cœur décroît (on passe de la fibrillation dite « à grandes mailles » à la fibrillation dite « à petites mailles »), puis le cœur s'arrête de battre (asystolie). (La distinction entre fibrillation ventriculaire à larges mailles ou à mailles petites ou étroites n'est qu'académique ; elles requièrent toutes deux une défibrillation.) L'arrêt cardiaque peut avoir deux autres mécanismes :
La défibrillation n'est pas efficace dans ces cas-là ; elle n'est efficace que dans le cas de la fibrillation ventriculaire. Il faut donc diagnostiquer la fibrillation pendant les manœuvres de réanimation cardiopulmonaire ; ce diagnostic peut être fait par un médecin avec un électrocardiogramme, ou bien de manière automatique par un défibrillateur semi-automatique (DSA) ou un défibrillateur automatique externe (DAE). [modifier] La défibrillationLa défibrillation consiste à délivrer un choc électrique bien calibré (puissance, phase) et passant au bon endroit, afin de synchroniser à nouveau les contractions des fibres du myocarde et à permettre au cœur de battre normalement à nouveau ; elle doit se produire avant l'asystolie. Le fait de pratiquer la réanimation cardio-pulmonaire (RCP : bouche-à-bouche associé au massage cardiaque) permet de faire circuler le sang oxygéné, donc d'alimenter le cerveau et le myocarde en oxygène, et augmente les chance de réussite de la défibrillation : le cœur étant oxygéné, il reste plus longtemps en fibrillation (cela retarde l'asystolie), on a donc plus de chances de récupérer la victime. Si le cœur repart, il faudra probablement continuer le bouche-à-bouche à moins que la respiration ne reprenne ; la poursuite de la réanimation doit se faire par une équipe hospitalière. [modifier] Les conditions de réussiteNotons que le fait que la défibrillation fasse repartir le cœur ne signifie pas que la personne va survivre ; par ailleurs, si elle survit, elle peut garder des séquelles neurologiques irréversibles. Cependant, cette démarche est la seule permettant de donner une chance de survie, et de pouvoir revivre dans de bonnes conditions. Les chances de survie étant maximales si la défibrillation est précoce, ce geste est délégué à des personnels non-médecins ; ceci a été rendu possible grâce aux progrès de l'informatique, il est en effet possible pour un ordinateur de reconnaître un rythme défibrillable. Ceci a conduit à la création de défibrillateurs semi-automatiques (DSA) et de défibrillateurs automatiques externes (DAE), utilisables par des secouristes voire par le grand public. [modifier] Le défibrillation semi-automatique[modifier] La défibrillation semi-automatique à l’étrangerLes premiers essais de défibrillation cardiaque ont été pratiqués chez l’animal par PREVOST et BATELLIER en 1899. C’est après la deuxième guerre mondiale que la défibrillation cardiaque a été appliquée chez l’homme. Au début, elle a été réalisée au cours d’interventions chirurgicales par application directe des électrodes sur le coeur. C’est en 1956 que la première défibrillation par application externe d’électrodes sur le thorax a eu lieu. C’est une équipe britannique qui a été la première à utiliser la technique de la défibrillation manuelle externe hors de l’hôpital (1967). Ce n'est que depuis une quinzaine d'années que le développement technologique a permis l'élaboration du défibrillateur semi-automatique et son utilisation précoce par l’équipier secouriste. Mise en oeuvre d'abord aux Etats-Unis puis dans d'autres pays comme le Royaume-Uni, Israël, le Canada, l'Australie, la défibrillation semi-automatique a montré une nette amélioration du taux de survie des victimes d'arrêt cardiaque.
[modifier] La défibrillation semi-automatique en FranceEn France, l’avènement des SAMU a permis un développement important de la défibrillation cardiaque externe pré-hospitalière ; cependant, elle est restée jusqu'à nos jours un acte exclusivement réservé aux médecins (circulaire du 6 janvier 1962). L’arrivée sur le marché de défibrillateurs semi-automatiques sûrs et fiables a permis de confier la défibrillation cardiaque à du personnel de secours non médecin. De ce fait, l’efficacité de cette technique s’est accrue par la réduction du délai entre la survenue de l’ACR et la réalisation du choc électrique externe qui relance l’activité du coeur. Après un avis favorable de l’Académie Nationale de Médecine et de l’Ordre National des Médecins, le Ministère de la Santé, le Ministère de l’Intérieur et le Ministère de la Défense ont élaboré un décret interministériel qui autorise la réalisation de la DSA par du personnel de secours non médecin (décret 98-239 du 27 mars 1998). Plusieurs études expérimentales ont montré la faisabilité et l’intérêt de cette pratique. Les plus importantes se sont déroulées grâce à la collaboration étroite à Lyon, entre le SAMU et les sapeurs-pompiers de la communauté urbaine, et à Paris, entre le SAMU et la brigade de sapeurs-pompiers. Ces différentes études ont montré les résultats suivants:
[modifier] Le défibrillation automatiqueLa différence entre DSA et DAE est l'action du sauveteur ; dans le cas du DSA, le sauveteur doit appuyer sur un bouton pour que l'appareil délivre le choc (semi-automatique), il y a donc un double contrôle : bilan du sauveteur et diagnostic de l'appareil. Dans le cas du DAE, c'est l'appareil seul qui décide de délivrer le choc ; ce fonctionnement simplifié le rend plus accessible au grand public. Voir l'article détaillé: Expérience de DAE à Montbard (France) [modifier] Bibliographie[modifier] Documents à télécharger
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