Feux de forêt (FDF)Un article de Urgencyclopedie, l'encyclopéde libre.(Redirigé depuis Feux de forêt)
Un feu de forêt (FdF en jargon pompier) est un incendie qui touche un massif boisé. Il peut être naturel (par exemple dû à la foudre) ou bien être d'origine humaine, par imprudence (barbecue, mégot de cigarette, feu d'écobuage) ou criminel.
[modifier] MécanismeLorsque les réserves d'eau du sol sont entre 100 et 30 %, l'évaporation de l'eau des plantes est compensée par la terre. En-dessous de ce seuil, la plante ne peut plus s'hydrater et ce sont les essences de la plante qui s'évaporent. En cas de sécheresse prolongée, on a donc d'une part une atmosphère contenant des essences inflammables, et d'autre part des plantes très sèches donc très inflammables. Les plantes poussant sur des sols siliceux comme le maquis] sont à ce titre moins exposées que les plantes poussant sur sol calcaire (comme la garrigue).
Sur un terrain plat et avec une végétation homogène, il se propage en forme d'ellipse, dans l'axe du vent. Dans le Sud-Est de la France, on estime qu'il progresse à environ 3 à 8 % de la vitesse du vent selon les terrains (pente, densité et nature de la végétation). Bien que l'on soit en plein air, il peut se produire dans certains cas un embrasement généralisé éclair (EGE, ou flashover), dû à l'accumulation d'une poche de gaz de pyrolyse ; on peut ainsi voir plus de 50 000 m² s'embraser instantanément. [modifier] CauseEn France, la répartition des causes se fait comme suit:
[modifier] Gestion des feux de forêtLes feux de forêt présentent plusieurs difficultés :
Le risque d'apparition de feux de forêts est particulièrement important lors des sécheresses. [modifier] PréventionLa prévention comprend des mesure telles que :
On peut mesurer l'impact de l'entretien en comparant deux massifs : la forêt des Landes de Gascogne (10 000 km²) et le massif des Maures (335 km²) ; ce dernier, bien que plus petit, est sujet à des ravages bien plus importants. Dans la première forêt, les exigences d'entretien correspondent aux intérêts économique (exploitation du pin des Landes). Dans le second cas, l'entretien se heurte à des intérêts conflictuels : lobby des chasseurs qui s'oppose au débroussaillage (les sous-bois abritant des sangliers), les [maires qui autorisent les construction d'habitations isolées pour attirer des capitaux, l'abandon du chêne-liège au profit du pin, plus rentable mais plus facilement inflammable… Les organismes de surveillance météorologique (par exemple Météo France) jouent un rôle capital en signalant les moments où les risques sont maximaux (temps sec et venteux). En 1976, le Canada a développé un modèle empirique de calcul de risque ; la France s'en est inspiré pour le calcul de l'IFM (Indice forêt météo) qui quantifie le risque. [modifier] Lutte contre l'incendieLa lutte contre les feux de forêt fait appels à trois type d'intervenants :
Il est impossible d'éteindre un feu de forêt avec les moyens hydrauliques. La technique habituellement utilisée consiste à attaquer les fronts gauche et droit pour resserrer la tête et canaliser la propagation. L'attaque des fronts utilise soit des équipes au sol, soit des avions ou hélicoptères bombardiers d'eau. L'utilisation de bombardiers d'eau ne peut se faire que dans des zones sans personnel, le largage d'une dizaine de tonnes d'eau pouvant causer de graves blessures. Il y a donc une coordination radio indispensable entre les équipe au sol et les équipes aériennes. Lorsqu'une équipe au sol entend un moteur, elle lève la lance d'incendie afin de signaler sa présence aux moyens aériens avec le jet d'eau et éviter les accidents. L'eau peut être larguée seule ou avec des additif. On peut notamment effectuer un large d'eau additionnée de « retardant » sur la végétation voisine du feu pour éviter l'extension du sinistre (retardant dit « à long terme »). Il s'agit de polyphosphate d'ammonium additionné d'oxyde de fer qui lui donne une couleur rouge, il inhibe les réaction d'oxydation : la combustion dégage moins d'énergie, donc elle se propage moins vite. On utilise également fréquemment un tensioactif ou « agent mouillant » : en diminuant la tension superficielle de l'eau, celle-ci peut passer la couche grasse qui recouvre la végétation (le tensioactif agit à l'instar d'un savon), et par ailleurs, l'eau forme une pellicule plus fine, mais plus étendue, sur la végétation. Par ailleurs, on procède à la protection des populations en les évacuatant, et à la protection des habitations, qui consiste à
Cette manœuvre porte le nom de « défense des points sensibles » (DPS). La défense d'une habitation unique nécessite typiquement quatre véhicules, les habitations isolées dans la forêt posent donc de gros problèmes. Certaines entreprises proposent des arroseurs fixes à poser sur les maisons, de type sprinkler (par exemple la société WildfireSprinkler (http://www.wildfiresprinkler.com/)). Certains pays, comme par exemple les États-Unis, pratiquent des contre-feux : en brûlant une partie de la végétation de manière contrôlée, on prive le feu de carburant lorsqu'il atteint la zone. Cependant, outre le fait que le feu peut « sauter » la zone, le contre-feu peut aussi échapper au contrôle des pompiers ou forestiers et devenir un nouveau foyer. Certains pays pratiquent également des coupes en urgence, par exemple au bulldozer, dans le même but. [modifier] Feux de forêt en FranceEn France, la forêt représente environ 28 % du territoire 189 000 km²; la plus grande forêt est la forêt des Landes de Gascogne [1] (http://forexpo.mediaforest.net/francais/foret.htm), elle s'étend sur 10 000 km² dont la plupart se trouve dans les Landes (6 193 km²), elle est plantée à 97 % de pins . On utilise le terme Défense des forêts contre l'incendie (DFCI) ; on parle de « coordonnées DFCI1 » pour localiser les massifs forestiers, de « chemins DFCI » pour l'accès à ces massifs... Outre les sapeurs-pompiers, les collectivités territoriales emploient des sapeurs-forestiers (véhicules jaunes), ainsi que des bénévoles regroupés dans des Comités communaux de feux de forêt (CCFF, véhicules orange). Les fourgons d'incendie spécifiques à la lutte contre les feux de forêt sont :
Les sapeurs-pompiers disposent d'un « lot de repli » qui leur permet de se protéger un minimum s'ils sont piégés hors du véhicule. Il se compose d'une cagoule avec une cartouche filtrante (type masque à gaz) — les feux de forêt s'attaquent sans appareil respiratoire isolant — et d'un « poncho » métallisé qui permet de se protéger de la chaleur rayonnée. En période estivale, les unités de sapeurs-pompiers des départements à risques (départements boisés du Sud de la France) sont renforcés :
[modifier] Sylviculture, Reboisement, EcologieLes feux de forêt font partie d'une dynamique naturelle dans les forêts méditeranéenes : de nombreuses plantes s'y sont adaptées, certaines ont même besoin du feu pour vivre. Ces feux causent cependant des dommages économiques importants et présentent un danger pour l'homme. Leur trop grande répétition appauvrit les sols et modifie de façon irréversible l'état biologique caractéristique de ces forêts. Auparavant, les feux d'origine naturelle étaient moins fréquents. Les habitats de la faune et de la flore n'étaient pas fractionnés par l'implantation humaine et participaient à la recolonisation des espaces adjacents touchés par le feu. Cette régénération naturelle est freinée et appauvrie par le fractionnement des habitats. La recolonisation par les espèces est alors partielle : la biodiversité des zones dimininue avec le risque d'extinction de certaines espèces comme la tortue d'Herman. Ce fractionnement des habitats prend plusieurs formes (autoroutes, nouvelles habitations...), mais les causes en sont presque toujours les mêmes, l'étalement urbain (autour de Toulon par exemple) : le développement des résidences secondaires et du tourisme nécessite infrastructures et terrains, donc il y'a artificialisation des terres et fractionnement de l'habitat. Les causes des incendies sont diverses, elles vont des systèmes de freinage des trains au mégots jetés négligemment de la fenêtre d'une voiture en passant par les barbecues sauvages et les eclats de verre faisant loupe, et surtout les incendiaires. Mais une autre cause semble se dessiner : ce sont les modifications climatiques qui entraînent une baisse des précipitations sur ces forêts et donc une augmentation des incendies.
[modifier] Les différentes essences dans l'incendieDans le sud de la France les essences traditionnellements présentes comme l'olivier qui est une essence coupe-feu peuvent être un rempart contre l'extension des incendies. La généralisation de la plantation de résineux comme le pin est un danger évident dans la problématique du feu de forêt.
[modifier] Recommendations concernant les feux de forêt
[modifier] Documents à télécharger
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