IncendieUn article de Urgencyclopedie, l'encyclopéde libre.
[modifier] DéfinitionUn incendie est une réaction de combustion non maîtrisée dans le temps et l'espace. L'incendie, appelé communément feu, est particulièrement destructeur pour les activités humaines et la nature: habitations, lieux de travail, entrepôts, véhicules, cultures, forêts, monuments historiques... La prise en compte du risque d'incendie a conduit à créer des services de secours (sapeurs-pompiers, protection civile). Ils ont développé et perfectionné des moyens de lutte contre l'incendie pour combattre l'incendie.
[modifier] Origine des incendiesLa majeure partie des incendies a des origines humaines (imprudence, malveillance, cause technique...). Les causes naturelles les plus fréquentes sont la foudre et la fermentation (tourbières...). Après les actes volontaires, on estime que le non respect de l'interdiction de fumer et les incidents d'origine électrique constituent la majeure partie des risques de départ d'incendie.
[modifier] Développement d'un incendieUn incendie se développe en plusieurs phases au cours desquelles sa température va s'élever. En fonction de son environnement, il va s'étendre et décliner. Éclosion La rencontre des éléments du triangle du feu, c’est-à-dire un combustible, un comburant (en général le dioxygène de l'air) et une énergie d'activation (chaleur, flamme nue, étincelle) suffisante vont permettre à la combustion de s'amorcer. A ce stade, le dégagement de chaleur est modéré, les fumées peu abondantes (appelée parfois à tort aérosol, ce terme désignant en fait un mélange liquide/gaz alors que la fumée est un mélange solide/gaz) Croissance La combustion produit de la chaleur (réaction exothermique), le feu entretien et accroît l'énergie d'activation. Si le combustible et le comburant sont disponibles en quantités suffisantes, l'incendie s'étend de manière exponentielle.. On estime que pour éteindre un feu sec naissant, il faut :
Dans le cas d'un feu clos (par exemple un feu d'habitation), on estime que la températeur de l'air atteint 600 °C au bout de cinq minutes ; dans une cage d'escalier, elle peut atteindre 1 200 °C dans le même temps. Embrasement généralisé Feu alimenté en comburant (Voir Embrasement généralisé éclair) Feu carencé en comburant (Voir explosion de fumées) Feu constitué Déclin [modifier] Comment réagirEn cas d'incendie, il faut toujours commencer par prévenir les secours. Puis, il faut alerter les occupants du batîment, afin de leur permettre d'évacuer (par exemple, en déclenchant le signal d'alarme). Ensuite, si des moyens de lutte contre les incendies sont disponibles (extinceur, lance à incendie, etc), on peut tenter de commencer à lutter contre l'incendie, sans toutefois se mettre en danger. Sinon, il est préférable de se tenir à l'écart. [modifier] Lutte contre l'incendieL'équipage d'un véhicule d'incendie est décomposé en binômes . Certains binômes sont affectés à l'exploration des lieux et à l'attaque du feu, ce sont les « binômes d'attaque » (BAT). Certains sont là pour s'assurer que les lances sont toujours alimentées en eau, et sont prêts à intervenir en renfort des binômes d'attaque, ce sont les binômes d'alimentation (BAL). L'équipage comporte également un chef d'agrés, chargé d'évaluer le sinistre, de définir la stratégie d'intervention et de coordonner les binômes, ainsi que le chauffeur, qui doit s'assurer que la citerne du camion est en permanence alimentée. La première priorité, dans un incendie, est la protection des personnes et leur mise en sécurité (évacuation d'un bâtiment, dégagement d'urgence d'un véhicule). La deuxième est l'évaluation du sinistre : où se trouve le foyer — ce n'est pas forcément évident dans un local clos envahi par la fumée, il faut dans certains cas utiliser une caméra thermique (qui détecte les rayonnements infrarouges) —, quels sont les risques spécifiques (produits chimiques, risques électriques...), quels sont les risques de propagation (ouvertures, gaines traversant les murs et les plafonds). Les différentes étapes constituent la marche générale des opérations. La première étape est donc l'exploration des lieux, ou « reconnaissance », faite par le chef d'agrès et un (ou deux) binôme(s) avec l'utilisation de leur Appareil Respiratoire Isolant (ARI). Lors de cette exploration, les sapeurs-pompiers assurent l'évacuation des fumées chaudes soit en actionnant les trappes prévues à cet effet, soit en pratiquant des ouvertures hautes (par exemple briser les vitres du dernier étage), ceci afin d'éviter un surincendie ou une explosion lié à la chaleur des fumées ; une ventilation forcée (ventilateur) peut être mise en place. La police participe à l'évacuation des bâtiments. L'extinction d'un feu se fait typiquement avec de l'eau. En effet, l'eau se vaporise avec la chaleur du feu, la vapeur d'eau chasse alors l'air qui ne peut plus alimenter la combustion. L'eau refroidit par ailleurs le combustible. Ces deux phénomènes rompent le triangle du feu. Il y a cependant des exceptions : certains produits chimiques réagissent avec l'eau, provoquant un dégagement de gaz toxiques, ou même s'enflamment sous l'action de l'eau (par exemple le sodium) ; certains produits flottent sur l'eau, comme par exemple les hydrocarbures (essences, huiles, fuels), alors, on se retouve avec des nappes d'hydrocarbures enflammés qui flottent sur une nappe d'eau, ce qui a pour effet d'étendre l'incendie ; dans le cas d'un réservoir de gaz sous pression, il faut éviter un choc thermique qui pourrait entraîner une rupture du réservoir et une décompression suivie d'une ébullition-explosive (BLEVE, boiling liquid expanding and vapour explosion). Dans ces cas-là, on utilise de la mousse : on recouvre le produit enflammé de mousse, qui empêche l'air d'arriver. La mousse se fabrique en introduisant un émulseur dans l'eau. Sur les camions citerne transportant des matières dangereuses (TMD), l'identification du produit transporté se fait grâce aux codes inscrits sur les plaques orange fixées à l'avant et à l'arrière du véhicule. Après établissement des lances (déroulement des tuyaux assurant l'alimentation en eau depuis le camion, raccordement des divisions permettant de brancher plusieurs tuyaux, raccordement des lances sur les tuyaux), les binômes d'attaque procèdent à l'arrosage de la base des flammes. Les lances permettent de réaliser l'attaque du foyer ou assurer une protection, il est munit d'une poignet permettant d'avoir différents types de débit, ainsi que différents jets tels que le diffusé t'attaque et le diffusé de protection. Ces lances se nomment LDMR 500 ou LDMR 1000 en fonction du foyer a combattre. [modifier] Incendie dans un lieu closL'arrosage direct du foyer en jet bâton peut avoir des conséquences dramatiques : le jet d'eau pousse devant lui de l'air qui va activer les flammes quelques secondes avant l'arrivée de l'eau, et va également mélanger les gaz, pouvant ainsi provoquer un embrasement généralisé éclair. Par ailleurs, le jet d'eau étant compact, seul l'extérieur du jet va se vaporiser dans l'atmosphère chaude de l'indendie (on estime qu'environ 20 % de l'eau se vaporise), donc 80 % de l'eau ruisselle, crée un dégât des eaux, mais ne participe pas à l'extinction. De plus, comme la vapeur d'eau crée va avoir des mouvement non maîtrisés et peut revenir sur les pompiers, créant des brûlures (la vapeur d'eau porte plus de d'énergie thermique que l'air). L'important n'est en fait pas l'extinction en elle-même, mais la maîtrise du feu, c'est-à-dire essentiellement le refroidissement des fumées qui propagent l'incendie sur de grandes distances et mettent en danger le personnel. Il faut donc refroidir le volume avant de traiter le foyer. On parle donc parfois d'attaque à trois dimensions ou d'attaque 3D. Le premier à avoir proposé l'utilisation d'un jet diffusé fut le chef Lloyd Layman du Parkersburg W V Fire Department, lors de la Fire Department Instructor's Conference (FDIC) de 1950 (Memphis, Tennessee). Il est essentiel d'avoir un jet diffusé, en petites gouttelettes : le nuage de gouttelettes produit couvre un grand volume et les gouttelettes s'évaporent avant de toucher les surfaces (murs, plafond), c'est donc réellement les gaz qui sont refroidis (voir aussi les articles État fractionné et Surface spécifique). On procède donc d'abord à un refroidissement des fumées par petites impulsions d'un jet diffusé au plafond ; cela permet :
Par rapport à l'arrosage indirect, on ne crée que la quantité de vapeur nécessaire (il est totalement inutile de saturer tout la pièce puisque la partie dangereuse est uniquement le haut), et à un rythme maîtrisé. Il est important de procéder par petites impulsions : un arrosage massif perturberait l'équilibre des gaz (stratification) et mélangerait les gaz chaud (initialement au plafond) au gaz froids (initialement en bas) ; il en résulterait une élévation de température au sol, dangereuse pour les pompiers, ainsi qu'un retour de vapeur d'eau brûlante. Une alternative consiste à refroidir toute l'atmosphère en faisant des zig-zag dans l'air (technique du crayonnage). Les méthodes actuelles d'extinction utilisent un fort débit initial, de l'ordre de 500 L/min : le but est d'absorber un maximum de chaleur dès le départ pour supprimer les risques d'extension du sinistre. L'utilisation d'un débit trop faible ne refroidit pas suffisamment, et la vapeur produite peut provoquer des brûlures des intervenants (l'effet de contraction des gaz est insuffisant). Paradoxalement, l'utilisation d'un fort débit avec une lance et une technique adéquate (jet diffusé, en petites gouttelettes) permet de diminuer la quantité d'eau utilisée : une fois la température de la pièce abaissée, une faible quantité d'eau est nécessaire pour éteindre le foyer en jet bâton. On estime qu'il faut environ 60 L bien utilisés pour éteindre un incendie dans une pièce d'habitation de 50 m2. L'utilisation d'une attaque 3D est devenu indispensable car dans les villes modernes, les incendies sont maintenant attaqués en phase d'éclosion, de développement, alors qu'auparavant, l'attaque se faisait en phase de déclin :
Par ailleurs, les matériaux modernes (notamment les polymères) ont un potentiel calorifique plus important que les ancien matériaux (bois, plâtre, pierre). Il faut donc arroser massivement au début. [modifier] Voir aussi[modifier] Documents à télécharger
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