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Le défibrillateur semi-automatique (GNR FUDSA)

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Sommaire

Résultats à atteindre

Décrire le principe de fonctionnement et justifier l’emploi d’un défibrillateur semiautomatique.

Enumérer le matériel nécessaire à une défibrillation.

Indiquer les principes de mise en fonction et d’utilisation en toute sécurité d’un défibrillateur semi-automatique.


Abréviations

NiCd : Cadmium nickel.

DSA : Défibrillateur semi-automatique.

ECG : électrocardiogramme.


Développement

Principe

Le défibrillateur semi-automatique est un appareil dont le principe est simple :

  • c’est un défibrillateur : c’est-à-dire un appareil capable de délivrer au travers du thorax une quantité d'énergie d'origine électrique par l’intermédiaire d’électrodes, afin de tenter de re-synchroniser l’activité électrique cardiaque,
  • il est semi-automatique car l’indication de délivrance du choc et le choix de l’intensité sont à la charge de la machine ; seule la délivrance du choc (si l’appareil l’indique) est pratiquée par l’opérateur et pour certains appareils le lancement de l’analyse.

Le défibrillateur semi-automatique est doté d’un ordinateur qui lui permet :

  • d’analyser l’activité électrique du coeur de la victime,
  • de reconnaître un trouble du rythme cardiaque grave qui nécessite un choc électrique,
  • de se charger automatiquement,
  • d’inviter l’opérateur (information vocale et visuelle) à délivrer le choc.

Le défibrillateur semi-automatique est très fiable car il est à la fois sensible (il reconnaît les rythmes devant être choqués) et spécifique (il n’invite pas à choquer un rythme non indiqué).


Description

Quelle que soit la marque de l'appareil, le défibrillateur semi-automatique est d'aspect extérieur identique. C'est un appareil léger, en matériaux composites, compact, robuste, d'un poids de 2 à 6 kg environ, facile à utiliser et nécessitant un minimum de maintenance. Il est composé de différentes parties (fig. 20);

  • l'écran à cristaux liquides, qui donne des messages écrits,
  • un haut-parleur qui donne des messages sonores délivrant des indications et des informations régulières sur la conduite à tenir,
  • un accumulateur de charge (batterie) qui, en fonction du modèle peut être rechargeable (NiCd) ou non rechargeable (Lithium). Un accumulateur peut délivrer 200 à 300 chocs consécutifs (se référer aux recommandations du fabricant) ; la durée de conservation des batteries non rechargeables peut aller de 1 à 5 ans,
  • deux à trois boutons, facilement repérables qui permettent, lorsque l'on appuie dessus, de mettre en fonction l'appareil, de lancer une analyse du rythme cardiaque et/ou de réaliser un choc électrique.


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Figure 20. - Le défibrillateur semi-automatique.


Les accessoires

La mémorisation des évènements

Elle est réalisée soit sur un module informatique interne ou externe à l’appareil, soit sur une carte informatique extractible de l’appareil. Elle permet un enregistrement des évènements essentiels : ECG de la victime, manipulations faites, heure, date et défibrillations réalisées. Un rapport d’intervention peut secondairement être édité soit après transmission directe ou par modem vers un ordinateur central de regroupement des données, soit sur une imprimante directement connectée au DSA. Il permet au médecin responsable d’analyser le dossier du malade comme il est prévu dans les textes législatifs.


Les électrodes de défibrillation

Les électrodes de défibrillation ont deux fonctions :

  • capter et transmettre l’activité électrique cardiaque à l’analyseur du défibrillateur,
  • délivrer le choc électrique à travers les électrodes si le choc est indiqué (fig. 21).

Contenues dans un emballage hermétique, les électrodes de défibrillation sont autocollantes et recouvertes, sur la face qui entre en contact avec la victime, d’un gel qui facilite le passage du courant et diminue le risque de brûlure de la peau.

Il faut toujours avoir à disposition au moins deux paires d’électrodes « adulte » et une paire d’électrode « enfant », et les électrodes ne doivent jamais être pliées.


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Figure 21. - Passage de l’onde électrique à travers le thorax.


Le câble des électrodes

Le câble permet de relier les électrodes au défibrillateur semi-automatique . Suivant le modèle, une extrémité du câble peut :

  • être directement connectée aux électrodes, il est alors à usage unique,
  • se connecter aux électrodes par une agrafe, il est alors réutilisable.

La deuxième extrémité du câble est reliée au défibrillateur par l’intermédiaire d’un connecteur.


Les autres accessoires

Un téléphone portable ou un appareil de radio-transmission portable à proximité immédiate permet de prévenir les secours médicalisés rapidement.

Une paire de ciseaux permet de couper les vêtements et dénuder la poitrine.

Pour améliorer le contact entre la peau de la victime et les électrodes, il est utile de posséder des compresses ou du papier absorbant pour sécher la peau, ainsi qu’un rasoir pour couper les poils si cela s’avère nécessaire.

Un masque de poche, un embout buccal ou une protection faciale évite tout contact direct avec la victime lors de manoeuvres de ventilation artificielle si le sauveteur n’a pas à proximité immédiate un insufflateur manuel.

La housse de transport protège le défibrillateur, permet son transport et le rangement du câble, des deux paires d’électrodes et des différents accessoires indispensables à la défibrillation.

Mise en fonction, utilisation et arrêt du défibrillateur semiautomatique

Dans la référence technique suivante, nous envisagerons comment jumeler l’utilisation du défibrillateur semi-automatique et la RCP. La présente référence précise seulement les détails techniques que l’opérateur doit connaître pour utiliser le défibrillateur en situation réelle. Il faut se rappeler que ces différentes étapes débutent seulement après s’être assuré que la victime est inconsciente, en arrêt respiratoire et qu’elle ne présente aucun signe de circulation.

Les défibrillateurs semi-automatiques, quel qu’en soit le modèle, sont mis en fonction et utilisés de la même manière. La mise en fonction s’effectue en 5 étapes :

  • 1. mettre en marche l’appareil,
  • 2. préparer le patient et connecter les électrodes,
  • 3. analyser le rythme cardiaque,
  • 4. délivrer le choc,
  • 5. éteindre l’appareil (après autorisation du médecin).


1- Mettre en marche l’appareil

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Figure 22. - Mettre en marche le défibrillateur.


  • Déposer le défibrillateur près de la victime, si possible, auprès de son oreille gauche.
    Cette position permet facilement de mettre en fonction l’appareil, de placer les électrodes et de réaliser des compressions thoraciques.
  • Ouvrir la housse de transport . Certains appareils ont un capot protecteur qui, à son ouverture met en fonction l’appareil.
  • Appuyer sur le bouton marche/arrêt du défibrillateur (fig. 22). La plupart des modèles sont mis en fonction en appuyant sur un bouton marche/arrêt.
    Dès que l’appareil est mis en marche :
    • il réalise un test d’autocontrôle,
    • un son se fait entendre et vous alerte de la mise en fonction,
    • une voix synthétique guide le sauveteur dans les différentes étapes de l’utilisation du défibrillateur et lui demande de passer à l’étape suivante.

      La mise en marche de l’appareil est la première étape de l’utilisation du défibrillateur.


2- Préparer la victime et connecter les électrodes


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Figure 23. - Installation des électrodes.

  • Enlever ou couper, à l’aide d’une paire de ciseaux, les vêtements recouvrant la poitrine de la victime. Les électrodes seront collées sur la peau nue.
  • S’assurer que la poitrine de la victime est sèche pour que les électrodes adhèrent correctement à la peau. Si ce n’est pas le cas, la sécher en utilisant des compresses ou du papier absorbant.
  • Si la poitrine de la victime est particulièrement velue, raser la zone où les électrodes seront collées en utilisant le rasoir jetable.
  • Sortir les électrodes de leur emballage, les mettre à plat sur le sol sans enlever la pellicule de protection et connecter le câble aux électrodes si ce câble n’est pas dèjà préconnecté.
  • Coller l’une après l’autre les électrodes sur la poitrine de la victime après avoir enlevé la pellicule de protection et en appuyant fortement (la position des électrodes doit être conforme au schéma visible sur les électrodes ou sur leur emballage) :
    • l’une juste au-dessous de la clavicule droite, contre le bord droit du sternum (fig. 23 a)
    • l’autre sur le côté gauche du thorax, 5 à 10 cm au-dessous de l’aisselle gauche (fig. 23 b).

      Les électrodes doivent être correctement positionnées pour permettre au courant électrique de traverser le coeur et de réaliser la défibrillation. Une bonne adhérence de toute la surface des électrodes sur la poitrine est nécessaire pour éviter le risque de brûlure. Ecarter le câble des électrodes de la zone des compressions thoraciques (fig. 23 b).
  • Connecter le câble au défibrillateur.


3- Analyser le rythme cardiaque

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Figure 24. - Lancer l’analyse.


  • Appuyer sur le bouton d’analyse quand le défibrillateur le propose et si l’analyse ne se lance pas automatiquement (fig. 24 a).
  • Ne pas toucher la victime pendant l’analyse. Faire arrêter la RCP en cours, demander à toute personne de s’écarter en disant : « ne toucher pas la victime, écartez-vous ! » (fig. 24 b).

    L’analyse réalisée par le défibrillateur permet de reconnaître les rythmes cardiaques qui nécessitent un choc électrique. Si tel est le cas, le défibrillateur se charge
    automatiquement et un son se fait entendre. Tout mouvement de la victime pendant cette période peut parasiter l’analyse.


4- Délivrer le choc en toute sécurité


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Figure 25. - Appuyer pour choquer.


Si un choc est nécessaire, l’appareil l’indique clairement avant de se mettre en charge.

  • Ecouter et respecter les recommandations sonores de l’appareil.
  • Annoncer à haute voix : « écartez-vous ! » pour que toutes les personnes autour s’éloignent et ne touchent plus la victime (fig. 25 a).
  • Appuyer sur le bouton pour choquer dès que l’appareil vous le demande et après s’être assuré une nouvelle fois que personne ne touche la victime (fig. 25 b).
  • Suivre les recommendations de l’appareil et poursuivre la séquence de chocs si tel est la demande.

    Tous les défibrillateurs semi-automatiques nécessitent l’appui sur un bouton par un opérateur pour délivrer le choc.

    Les recommandations sonores émises par le DSA permettent de réaliser les différentes opérations plus rapidement et en toute sécurité.


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Figure 26. - Rechercher les signes de circulation.


Si le défibrillateur précise « pas de choc indiqué », ne pas retirer les électrodes de défibrillation et contrôler les signes de circulation (fig. 26).

  • si la victime ne respire pas et n’a pas de signe de circulation, pratiquer la RCP ;
  • si la victime présente des signes de circulation et respire, la placer en position latérale de sécurité et surveiller sa respiration toutes les minutes dans l’attente des secours médicalisés ;
  • si la victime présente des signes de circulation, mais ne respire toujours pas, pratiquer la ventilation artificielle, faire une insufflation toutes les 5 secondes environ et contrôler les signes de circulation toutes les minutes ;
  • si la victime reprend conscience, la calmer, lui expliquer ce qu’il se passe pour la réconforter et attendre l’arrivée de l’équipe médicale.


5- Eteindre l’appareil

  • Appuyer sur le bouton marche/arrêt.

Eteindre l’appareil et retirer les électrodes de défibrillation uniquement en présence et à la demande du médecin des services de secours médicalisés.


Maintenance du DSA

Le défibrillateur semi-automatique doit toujours être en bon état de marche, vérifié et immédiatement disponible. Il doit être installé dans un endroit accessible avec l’ensemble de ses accessoires.


Tests automatiques.

La plupart des DSA réalisent des auto-tests à des intervalles réguliers lors de la mise en place de l’accumulateur et lors de leur mise en marche. Un signal lumineux indique tout dysfonctionnement.


Vérifications périodiques

Des vérifications périodiques du DSA permettent de s’assurer de son bon état de fonctionnement.

Avant chaque utilisation

L’opérateur DSA doit vérifier avant chaque utilisation que :

  • le DSA a réalisé correctement ses auto-tests (absence d’indication de dysfonctionnement interne) ;
  • l’appareil et le câble des électrodes ne présentent aucun dommage externe ;
  • le module externe ou la carte mémoire est correctement installé ;
  • la batterie est chargée (batterie rechargeable) et installée correctement ;
  • les électrodes ne sont pas arrivées à péremption ;
  • tous les accessoires nécessaires à la réalisation de la DSA accompagnent l’appareil.

Après chaque utilisation

Après chaque utilisation, le DSA doit être remis en état, nettoyé et vérifié. Il faut :

  • s’assurer que les données en mémoire ont été sauvegardées sur un ordinateur ou imprimées ;
  • nettoyer le boîtier du DSA ainsi que le câble, avant le retrait de l’accumulateur, à l’aide d’un chiffon ou d’une serviette, en utilisant des produits nettoyants et/ou désinfectants conformément aux recommandations du fabricant (voir mode d’emploi) ;
  • laisser sécher l’appareil avant de le remettre dans sa housse ;
  • si le DSA est équipé d’un accumulateur rechargeable, le changer systématiquement puis mettre en charge l’accumulateur utilisé ;
  • remplacer le matériel utilisé (électrodes, rasoir, serviette absorbante…) et le mettre dans la housse de l’appareil ;
  • enfin, replacer le défibrillateur semi-automatiq;ue en position de stockage.

Avant d’utiliser pour la première fois un défibrillateur semi-automatique, l’utilisateur doit toujours prendre connaissance des recommandations du fabricant indiquées sur le mode d’emploi.

En aucun cas le sauveteur ne doit modifier la configuration et les préréglages effectués par le médecin responsable de l’appareil.

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