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Partie 2 - Sécurité et alerte (GNR FPSE 1)

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Sommaire

LA SECURITE

Image:Arbre_décision.PNG

Arbre de décision


Objectifs

Etre doté d’un équipement de protection individuel adapté à la mission confiée.

Simple, léger et efficace, l’équipement individuel doit participer à la protection du secouriste.

Il comprend en fonction des missions :

  • une paire de gants à usage unique, pour prévenir le risque de transmission par les mains de germes dangereux,
  • un masque de poche ou un écran facial, pour permettre la réalisation d’une ventilation artificielle sans risques pour le secouriste,
  • des bandes réfléchissantes sur les vêtements ou sur un chasuble, pour améliorer la visibilité du secouriste notamment la nuit,
  • des gants de manutention, pour se protéger du risque de plaies des mains par des objets tranchants,
  • un blouson adapté et éventuellement un casque de protection surtout si le secouriste intervient au cours d’accident de la circulation, de chantier, ou en cas de conditions climatiques difficiles.
  • une lampe de poche ou frontale pour ne pas avoir à travailler dans le noir.

Prendre les mesures de protection nécessaires pour éviter la transmission des infections.

Le secouriste est amené à prendre en charge des personnes qui sont atteintes d’infections.

Ces infections peuvent se transmettre au secouriste et par son intermédiaire à son entourage (co-équipier, famille…) ou à d’autres victimes. Pour limiter ce risque, il est indispensable que le secouriste utilise des mesures de protection. Ces mesures de protection sont destinées à :

  • éviter le contact de l’organisme avec les germes dangereux, on parle alors de protection contre la contamination,
  • préparer l’organisme à lutter contre les germes dangereux, on parle alors de vaccination

2.1 La protection contre la contamination

Afin de comprendre comment les mesures de protection peuvent diminuer les risques de contamination du secouriste, il est nécessaire de connaître les modes de pénétration d’un germe dans l’organisme pour l’envahir. C’est ce que l’on appelle le mécanisme de transmission.

La transmission d’un germe d’une personne à une autre peut se faire :

  • par voie respiratoire (projection de salive ou de sécrétion, exemple la toux),
  • par voie digestive (mains ou objet sales en contact avec la bouche, aliments souillés)
  • par voie transcutanée ou muqueuse (plaie, sang, projection oculaire…).

L’objectif des techniques de protection utilisables par le secouriste est d’interrompre ce mécanisme de transmission et de diminuer les risques que le secouriste a d’entrer en contact avec les germes dangereux.

Pour être efficaces, il est indispensable que ces techniques soient utilisées par le secouriste chaque fois qu’il prend en charge une victime. En effet il est impossible de dire si une personne, même apparemment saine, est porteuse ou non d’une maladie infectieuse.

Les mesures de protection de base sont les suivantes :


  • 1- La propreté des mains du secouriste

Image:Lavage_des_mains.JPG
Figure 3.1. Lavage des mains

Le lavage des mains est un moyen simple et efficace pour diminuer la contamination (fig. 3.1). Le secouriste doit se laver les mains avec de l’eau et du savon systématiquement le plus tôt possible après contact avec une victime même s’il a porté des gants de protection à usage unique. (technique 3.1)

En l’absence d’eau courante le secouriste utilisera une solution antiseptique ou un gel hydroalcoolique d’efficacité identique (technique 3.2). Cette désinfection des mains ne doit pas dispenser le lavage à l’eau et au savon le plus tôt possible après la prise en charge de la victime.


  • 2- La protection des mains par des gants à usage unique

Image:Gants.JPG
Figure 3.2. Gants à usage unique

La protection des mains du secouriste par des gants à usage unique (fig. 3.2) est indispensable lorsqu’il existe le moindre risque d’exposition au sang ou à un autre liquide biologique comme la salive, l’urine et les selles. Les gants à usage unique en latex ou en vinyle fournissent une protection tout à fait efficace.

Attention, si les gants à usage unique permettent d’assurer des soins à une victime, ils ne sont pas suffisamment solides pour être utilisés pour le nettoyage des véhicules et ne mettent pas le secouriste à l’abri en cas de une déchirure par un éclat de verre ou de métal.

Les gants souillés doivent être changés dès que possible en particulier si le secouriste doit s’occuper d’une seconde victime. Le retrait des gants nécessite des précautions particulières pour éviter de se contaminer avec les germes dont les gants sont sensés nous protéger (technique 3.3). Une fois retirés, les gants doivent être considérés comme du matériel contaminé et traités comme tels.

L’absence de gants ne doit en aucun cas retarder l’exécution d’un geste vital comme l’arrêt d’une hémorragie externe.


  • 3- La protection contre les projections


Image:Protection_victime.JPG
Figure 3.3. Protection anti-projection portée par la victime


Image:Protection_respiratoire_oculaire.JPG
Figure 3.4. Protection anti-projection respiratoire et oculaire


Image:Protection_respiratoire_oculaire_2.JPG
Figure 3.5. Protection respiratoire (Norme EN 149 – FFP2 ou 3) et protection oculaire


Image:Protection_cheveux_vêtements.JPG
Figure 3.6. Protection des cheveux et des vêtements

La protection contre les projections est assurée en utilisant :

  • un masque médical, qui, porté par la victime, protège le secouriste contre les projections (salive, éternuement…) (fig. 3.3) ;
  • un masque imperméable avec protection oculaire pour protéger le secouriste de projections liquides (salive, sang, sécrétions) sur sa bouche et ses yeux (fig. 3.4) ;
  • un masque de protection respiratoire avec lunettes de protection oculaire pour protéger le secouriste d’une contamination aérienne et des projections (fig. 3.5) ;
  • Une calotte et une sur-blouse pour protéger le secouriste de projection dans les cheveux ou sur les vêtements (fig. 3.6).

Cette protection et le choix du moyen peuvent être envisagés :

  • sur l’ordre d’un médecin, d’un chef d’équipe ou de l’équipier responsable,
  • pour réaliser une aspiration (protection contre les projections liquides),
  • pour se protéger de projection de sang (protection imperméable) ou d’un autre liquide ou particule biologique (masques de protection respiratoire) lors de la prise en charge par exemple d’accouchements inopinés, d’un traumatisé grave ou d’une victime porteuse d’une maladie infectieuse particulière, notamment respiratoire.
  • Pour se protéger du risque de transmission de maladies hautement contagieuses sur consigne des autorités sanitaires du pays (lutte contre les maladies infectieuses émergentes).

Attention, les masques de protection respiratoire, décrit ici, n’assurent aucune protection contre les agents chimiques.

La protection contre les objets contaminés par du sang ou d’autres liquides biologiques


Figure 3.7. Recueil des déchets d’activité de soins et à risque infectieux (DASRI)

Image:Objets_piquants_tranchants.JPG
a- objets piquants ou tranchants


Image:Déchets_infectieux_mous.JPG
b- déchets infectieux « mous »

En présence d’objets piquants ou tranchants, tels que les aiguilles ou les lames de bistouris, le secouriste doit veiller absolument à ne pas se blesser (piqûres ou coupures) surtout si l’aiguille ou la lame sont souillées. En aucun cas, il ne doit essayer de remettre ces objets dans leur emballage de protection d’origine. Des conteneurs spéciaux sont prévus pour recueillir ces objets piquants ou tranchants contaminés (OPTC) (fig. 3.7 a).

Les déchets non piquants contaminés (compresses, gants…) sont mis dans un autre conteneur appelé sac de déchets d’activités de soins (fig. 3.7 b).

Les déchets souillés sont recueillis et détruits par des organismes spécialisés.

En cas d’accident (piqûre, coupure avec un objet souillé ou projection dans l’oeil), le secouriste doit désinfecter la plaie et immédiatement prévenir son responsable, équipier, chef d’équipe ou autre pour mettre en oeuvre une procédure particulière de prise en charge des accidents d’exposition au sang.


  • 4- La protection du secouriste lors des manoeuvres de réanimation.

Même si le risque de transmission par la salive est très faible, le secouriste évitera d’utiliser une méthode orale directe de ventilation (bouche-à-bouche, bouche-à-nez…) s’il dispose d’un moyen de ventilation (insufflateur manuel, un masque de poche, écran facial).


2.2 La vaccination

Si le secouriste est contaminé par un agent infectieux, il ne développera pas obligatoirement la maladie notamment si son organisme est immunisé ou résistant à cet agent. Un des moyens d’acquérir cette résistance est la vaccination.

La vaccination consiste à injecter dans l’organisme tout ou partie de l’agent infectieux tué ou atténué et permettre ainsi à son propre système immunitaire de développer une résistance spécifique. Comme cette résistance peut s’atténuer avec le temps, il est nécessaire, pour certains vaccins, de renouveler la vaccination à intervalle régulier, c’est le rappel.

Un certain nombre de vaccination est recommandé pour le secouriste. Le service médical de l’organisme d’emploi du secouriste est chargé de définir les vaccinations nécessaires. Il n’existe pas de vaccination pour chaque germe existant, c’est pourquoi les méthodes de protection décrites ci-dessus sont indispensables.

Intervenir tout en assurant sa sécurité, celle de la victime et des témoins éventuels.

Quand le secouriste arrive sur les lieux de sa mission, il doit, avant de s’approcher de la ou des victime(s), rechercher les risques ou les dangers qui peuvent menacer sa vie, celle de la victime et des témoins.

Ses risques peuvent être :

  • ceux qui ont généré l’accident et qui peuvent persister ;
  • générés par l’accident lui même ;
  • secondaires à une aggravation de la situation.

3.1 Règles générales

1- Reconnaître les dangers

Effectuer une approche prudente de la zone de l’accident.

Se renseigner éventuellement auprès de témoins.

En restant à distance de la victime, regarder tout autour d’elle pour :

  • évaluer la présence de dangers qui peuvent menacer le secouriste ainsi que la victime,
  • repérer les personnes qui pourraient être exposées aux dangers identifiés et le nombre de victimes.
2- Protéger

Quand cela est possible, supprimer immédiatement et de façon permanente les dangers environnants pour protéger le secouriste, la victime et les autres personnes, notamment du suraccident.

Délimiter clairement, largement et visiblement la zone de danger et empêcher toute intrusion dans cette zone.

Pour réaliser la protection, utiliser tous les moyens matériels dont on peut disposer et s’assurer si besoin
du concours de toute personne apte qui pourrait apporter une aide dans la mise en oeuvre de cette protection.


3.2 Cas particuliers

1- Protection d’un accident de la route

Si le secouriste est en voiture (ex : secouriste témoin de l’accident)

Il allume ses feux de détresse dès qu’il découvre l’accident et ralentit.

Il gare son véhicule, si possible après le lieu de l’accident, sur la bande d’arrêt d’urgence (si elle existe).

Enfin, il veille à faire descendre immédiatement tous les occupants de son véhicule et les met en sécurité sur le bas-côté, derrière les glissières de sécurité (si elles existent).

Dans tous les cas, le secouriste doit :

baliser ou faire baliser de part et d’autre de l’accident entre 150 et 200 m, pour éviter tout sur-accident (triangle de pré-signalisation, lampe électrique, linge blanc, feux de détresse du véhicule), avec l’aide de témoins éventuels (fig. 3.7),

  • interdire toute approche si un danger persiste (ex. : fuite de matières dangereuses),
  • ne pas fumer et ne pas laisser fumer dans tous les cas,
  • en présence d’un feu naissant dans un compartiment moteur, utiliser un extincteur,
  • couper le contact des véhicules accidentés quand c’est possible,
  • serrer le frein à main.


Image:Rt1_fig03.gif
Figure 3.8 : balisage d’un accident de la circulation de nuit.

2- Protection d’un accident électrique

Le danger électrique peut être présent dans de nombreuses circonstances, aussi bien à domicile (ex. : courant domestique) que sur un site industriel (ex. : courant haute tension) ou dans la nature (lignes électriques, foudre).

  • S’assurer que la victime n’est pas en contact direct ou indirect (eau) avec un conducteur endommagé (fil électrique, appareils ménagers sous tension…) ou un câble électrique de haute tension au sol.
  • Si c’est le cas, faire écarter immédiatement les personnes présentes autour et leur interdire de toucher la victime.
  • Si possible, couper le courant (disjoncteur et débrancher l’appareil en cause…) ou faire couper le courant par une personne qualifiée (EDF, SNCF…) avant de toucher la victime.
  • Ne pas s’approcher ou toucher la victime avant d’être certain que l’alimentation est coupée.

NB : les matériaux, tel que le bois humide ou les vêtements, ne procurent aucune protection contre le courant électrique.


3- Protection contre l’incendie

Tout incendie crée une atmosphère dangereuse du fait de la chaleur, du manque d’oxygène et de la présence de fumées toxiques. Il peut être générateur de brûlures et d’intoxications graves.

Pour faire face à ce risque, le secouriste doit être capable :

  • d’éviter un départ de feu et/ou de limiter son extension,
  • de se protéger d’un incendie,
  • de réagir devant une victime dont les vêtements sont en feu.

Eviter un départ de feu et limiter son extension

Pour être allumé et être entretenu, un feu a besoin :

  • d’un combustible (essence, bois, tissus…),
  • d’une source de chaleur (étincelle, flamme),
  • d’oxygène (air).

Pour limiter l’incendie ou l’extension d’un feu, le secouriste doit :

  • écarter des flammes tous les matériaux combustibles, couper l’arrivée de gaz ;
  • éviter la création d’étincelle, comme sonner à une porte en particulier si une odeur de gaz est ressentie ;
  • Supprimer l’arrivée d’oxygène en fermant les portes ou en étouffant les flammes à l’aide d’une couverture.

Devant un incendie, le secouriste doit :

  • alerter immédiatement les sapeurs-pompiers ou actionner une alarme,
  • aider à évacuer toutes les personnes exposées, par exemple en utilisant les issues de secours (faciliter l’évacuation des animaux si possible),
  • fermer chaque porte derrière lui au cours de son déplacement,
  • ne pas utiliser les ascenseurs ou monte-charges.

Pour se protéger lors de l’évacuation, le secouriste peut utiliser ses vêtements pour se couvrir le visage et les mains.

Le secouriste, sauf s’il est qualifié et équipé, ne pénétrera pas dans un local en feu. Si le local est enfumé et non ventilé : le secouriste est autorisé à pénétrer pour dégager une victime visible en retenant sa respiration uniquement si la durée envisagée de la manoeuvre n’excède pas 30 secondes. Au delà de 30 secondes, il met sa vie en péril car il sera obligé de reprendre sa respiration dans la fumée.

Ne pas pénétrer dans un local où une fuite de gaz est suspectée, rester à distance, empêcher l’accès et ne pas provoquer d’étincelles (interrupteurs, sonnerie, lampe de poche).

Réagir devant une victime dont les vêtements sont en feu

Devant une victime dont les vêtements sont en feu, le secouriste doit :

  • immobiliser la victime qui panique ou qui s’agite,
  • l’allonger sur le sol,
  • étouffer les flammes en la roulant au sol ou avec une couverture, un manteau, ou un tapis que l’on retirera dès que les flammes sont éteintes,

NB : en milieu professionnel, on pourra utiliser un extincteur approprié (de couleur verte).


4- Libération de substances dangereuses

Le secouriste peut se trouver en présence de substances dangereuses ou à une fuite de produit toxique. Cette fuite est le plus souvent rencontrée :

  • à la suite d’un accident de la circulation touchant un véhicule qui transporte des matières dangereuses,
  • à la suite d’un accident industriel.

La présence d’une odeur particulière ou de fumée sont les premiers signes de cette libération.

Dans cette situation, le secouriste doit :

  • rester à distance de la fuite ou de la matière dangereuse,
  • écarter les témoins de la scène,
  • rester en amont de l’accident par rapport au vent pour se protéger des émanations qui peuvent agir à distance de l’accident,
  • alerter immédiatement les sapeurs-pompiers et leur indiquer éventuellement si le véhicule en cause est porteur d’un panneau de danger signalant des toxiques.

Cas particulier : libération de monoxyde de carbone (CO)

Dans un endroit fermé, où plusieurs personnes présentent des signes communs de malaises avec céphalées et vomissements, le secouriste doit suspecter une intoxication par libération de CO.

Dans cette situation, le secouriste doit :

  • si possible évacuer les victimes valides ;
  • en retenant sa respiration, aérer largement la ou les pièces ;
  • rechercher un appareil à gaz ou tout autre causes de dégagement de CO (brasero, appareil à moteur à essence, gaz d’échappement de voiture en milieu clos…) ;
  • interrompre le fonctionnement de l’appareil ;
  • alerter immédiatement les sapeurs-pompiers.


5- Objets tranchants et piquants

Il est fréquent de rencontrer des objets tranchants ou piquants sur une intervention : débris de verre, métal tranchant, aiguille non protégée…

Le secouriste doit veiller à ne pas se blesser ou à ne pas blesser accidentellement la victime ou les témoins.

Les gants à usage unique protègent le secouriste d’une contamination par du sang mais nullement du risque de plaie par un objet tranchant ou piquant. Il doit déposer les objets tranchants ou piquants dans les boites de recueil des déchets d’activité de soins (fig. 3.7-a).

Devant des débris de verre ou autres objets tranchants, le secouriste doit mettre par dessus les gants à usage unique, des gants épais de manutention.


6- Les opérations particulières de sauvetage

Certaines situations nécessitent des opérations de sauvetage particulières : sauvetage en eau, en montagne, en espace confiné, lors d’attentat terroriste, accident entraînant de nombreuses victimes.

S’il est seul, le secouriste commencera par donner une alerte la plus précise possible pour permettre un engagement des secours adaptés avant de s’engager dans la mesure de ses moyens.

Le secouriste ne doit en aucun cas s’exposer sans encadrement, équipement et formation spécifiques.

Dégager en urgence une victime de la zone de danger en toute sécurité.

En règle générale, le secouriste ne déplace pas une victime en l’absence des secours. Il réalise les gestes d’urgence sur place. Cependant, devant l’impossibilité de supprimer un danger vital, réel qui menace immédiatement une victime, et si la victime est incapable de se soustraire elle-même à ce danger, le secouriste doit déplacer en urgence la victime pour assurer sa sécurité.

Situations qui nécessitent un dégagement en urgence de la victime :

  • danger d’incendie, d’explosion, d’effondrement d’une structure sur la victime, de montée des eaux, de coulée de boue,
  • victime visible et se trouvant dans une pièce exposée à de la fumée ou à une substance toxique,
  • impossibilité d’assurer la protection d’un accident de la circulation,
  • dégagement d’un passage pour accéder à une ou plusieurs autres victimes qui nécessitent la mise en oeuvre de gestes de secours d’urgence,
  • nécessité de déplacer la victime pour effectuer le geste d’urgence (espace trop étroit…).

Pour réaliser un dégagement d’urgence, le secouriste doit respecter les principes suivants :

  • la priorité du secouriste est de se protéger,
  • la victime doit être visible, facile à atteindre, et aucune entrave ne doit l’immobiliser ou gêner son dégagement,
  • il est essentiel que le secouriste anticipe ce qu’il va faire et qu’il privilégie le chemin le plus sûr et le plus rapide à l’aller comme au retour,
  • le choix de la technique de dégagement doit tenir compte de la position de la victime, de son poids et de la force physique du secouriste. Le poids excessif de la victime peut nécessiter à titre exceptionnel un deuxième secouriste,
  • si la victime est allongée sur le sol, le secouriste préférera les techniques de dégagement qui consistent à traîner la victime au sol plutôt que de la lever,
  • tant que cela est possible, tirer la victime dans l’axe de son tronc pour éviter d’aggraver une lésion éventuelle de sa colonne vertébrale,
  • utiliser des prises solides : poignets, chevilles, vêtements pour tirer la victime,
  • la victime doit être dégagée vers un endroit sûr, à proximité (suffisamment éloigné du danger et de ces conséquences).


La rapidité de mise en oeuvre du dégagement reste prioritaire.
Le dégagement d’urgence est une manoeuvre exceptionnelle qui ne doit être utilisé que pour soustraire une victime à un danger vital, réel, immédiat et non contrôlable.
Elle peut aggraver l’état d’une victime atteinte d’un traumatisme.

Assurer la protection de la victime et celle de son entourage en cas d’alerte à la population.

5.1 La sirène

La sirène diffuse un signal prolongé, modulé montant et descendant. II est émis trois fois une minute, les signaux sont séparés par un intervalle de cinq secondes (fig. 3.9).


Image:Rt1_fig4.gif

Figure 3.9. Signal d’alerte (sirène)


Ce signal a été volontairement prolongé trois fois une minute pour qu’il ne soit pas confondu avec les signaux d’appel, en particulier des sapeurs-pompiers, ou beaucoup plus brefs qui annonce un danger imminent (nuage toxique, tornade, etc.).

Il faut immédiatement:

  • se mettre à l’abri en s’enfermant dans un local, fermer portes et fenêtres,
  • écouter la radio (France info, France Inter 162 khz ou 1852 m en grandes ondes) sur un poste alimenté par des piles, en ayant soin d’avoir des piles de réserve,
  • ne pas aller chercher ses enfants à l’école,
  • ne pas fumer, éviter toute flamme ou étincelle, fermer le gaz (de ville, butane ou propane),
  • ne pas téléphoner pour ne pas encombrer le réseau qui doit rester libre pour les secours.

S’assurer que l’entourage a reçu et exécute ces consignes (des consignes complémentaires peuvent être données par haut-parleur).

Lorsque le danger est écarté, la sirène diffuse un signal sonore continu de 30 secondes (fig. 3.10).


Image:Rt1_fig5.gif


Figure 3.10. Signal de fin d’alerte (sirène)


5.2 Alertes particulières

Lorsqu’il existe des risques particuliers (chimique, radioactif, etc.), des systèmes d’alerte adaptés existent pour prévenir les populations concernées. La diffusion préventive des consignes à suivre en cas d’alerte est réalisée directement auprès de cette population.


L'arbre de décision

Tableau 3.1. La sécurité

Image:Rt1_fig6.GIF


Réaliser les techniques suivantes :


Le lavage des mains à l’eau et au savon

Technique 3.1

Indications

Cette opération doit être réalisée :

  • en début et fin de journée, à la prise et la sortie du service,
  • entre deux activités,
  • systématiquement, entre deux victimes ne présentant pas de risque infectieux identifié,
  • après un geste de la vie courante (après s’être mouché, être allé aux toilettes, avoir fumé, avoir mangé),
  • en présence de poudre sur les mains, au retrait des gants,
  • chaque fois que les mains sont visiblement souillées.


Justification

Le lavage simple des mains élimine les souillures, réduit la flore transitoire (bactéries, virus, champignons…) et diminue le risque de transmission de maladies.


Matériel

  • Point d’eau propre.
  • Savon neutre liquide doux présenté en flacon non rechargeable, avec pompe distributrice individuelle.
  • Poubelle à pédale ou sans couvercle équipée d’un sac jetable.
  • Distributeur d’essuie-mains à usage unique (en papier ou en non tissé).


Réalisation

  • 1- Mouiller les mains.
  • 2- Prendre une dose de savon liquide (fig. 3.11 a).
  • 3- Savonner au moins 15 secondes en insistant sur les espaces interdigitaux, le pourtour des ongles, les bords externes des mains, mais aussi le dos des mains, les paumes, les doigts et les poignets (fig. 3.11 b à g).
  • 4- Rincer abondamment sous l’eau du réseau, en la faisant couler du bout des doigts jusqu’aux poignets (fig. 3.11 h).
  • 5- Sécher par tamponnement du bout des doigts vers les poignets avec des essuie-mains à usage unique (fig. 3.11 i).
  • 6- Utiliser le dernier essuie-mains pour fermer le robinet (fig. 3.11 j).
  • 7- Jeter l’essuie-mains dans la poubelle sans contact avec les mains.


Image:Figure_3.11._Lavage_des_mains.JPG
Figure 3.11. Lavage des mains


Evaluation

Les mains doivent être propres et sèches à l’issue de la procédure avant de mettre les gants de soins à usage unique.


Points clés
  • Recommencer la procédure tant qu’il reste des souillures visibles.
  • Utiliser un point d’eau courante et des essuie-mains à usage unique.
  • Les mains doivent être sèches avant de mettre les gants à usage unique.


la friction des mains avec un soluté hydro-alcoolique,

Technique 3.2

Indications

Une bonne hygiène des mains est essentielle pour la prévention des infections et de la transmission des micro-organismes.

Cette opération doit être réalisée :

  • en début et fin de journée en l’absence d’un point d’eau,
  • systématiquement, entre deux victimes ne présentant pas de risque infectieux identifié,
  • après un geste de la vie courante (après s’être mouché, être allé aux toilettes, avoir fumé, avoir mangé),
  • avant toute manipulation de matériel de secourisme et de dispositifs médicaux, stériles ou non,
  • en cas de succession de gestes contaminants pour la même victime,
  • après le port de gants non poudrés.

L'utilisation de cette méthode de désinfection des mains ne dispense pas du port de gants.


Justification

La friction des mains avec une solution hydro-alcoolique pour objectif de prévenir la transmission des maladies infectieuses par les mains.

Le secouriste s’il n’a pas accès à l’eau en intervention, doit pouvoir réaliser une friction des mains en utilisant une solution hydro-alcoolique dont l’efficacité est au moins égale au lavage des mains avec de l’eau et du savon.


Matériel

Produit hydro-alcoolique pour traitement hygiénique des mains par friction présenté dans différents conditionnements, soit sous forme de gels, soit sous forme de liquides :

  • flacon non rechargeable avec pompe distributrice individuelle,
  • flacon de faible volume, d’un format de poche. (fig. 3.12).


Image:Figure_3.12._Solution_hydro-alcoolique.JPG
Figure 3.12. Solution hydro-alcoolique


Réalisation

Image:Figure_3.13._Friction_des_mains.JPG
Figure 3.13. Friction des mains


Pour vous nettoyer les mains de façon efficace, suivez ces étapes:

  • enlevez montre, bagues et autres bijoux (fig. 3.13-a),
  • s’assurer que vos mains sont sèches ou se sécher les mains si elles sont humides,
  • verser une dose de solution hydro-alcoolique dans le creux de la main (fig. 3.13-b),
  • frictionner successivement et jusqu'à évaporation complète du produit (fig. 3.13-c à f) :
    • la paume des mains,
    • le dos de chaque main,
    • les espaces entre les doigts,
    • les poignets.
  • ne pas rincer, ne pas essuyer.


Risques La solution hydro-alcoolique n’est pas efficace si les mains sont fortement contaminées par des saletés, du sang, du talc ou d'autres matières organiques.

Ces solutions employées sans eau peuvent assécher la peau et dégager des odeurs susceptibles de déplaire à certains utilisateurs.


Evaluation

Les mains doivent être sèches à l’issue de la procédure avant de mettre les gants de soins à usage unique. Ceux-ci ne doivent pas être poudrés (talc).

Pour être efficace, la quantité de solution utilisée doit être suffisante pour recouvrir la totalité de la surface des mains.

Le lavage simple des mains s’impose après 3 à 5 utilisations.


Points clés
  • Les mains doivent être propres et sèches.
  • La dose prescrite doit être respectée.
  • La solution doit être répartie sur toute la surface de la main par friction, jusqu’à l’assèchement.
  • Les gants de soins ne doivent pas être poudrés


le retrait des gants à usage unique,

Technique 3.3

Indications

Cette technique doit être réalisée par le secouriste lors de chaque retrait des gants à usage unique.


Justification

Destinés à protéger le secouriste de germes dangereux, les gants à usage unique peuvent contaminer les mains du secouriste au moment de leur retrait ou contaminer une autre personne (retrait violent du gant). La technique de retrait des gants à usage unique a pour but d’éviter cette contamination.


Matériel

Une paire de gants à usage unique, non talquée et si possible hypoallergénique.


Réalisation

Image:Figure_3.14._Retrait_des_gants_à_usage_unique.JPG
Figure 3.14. Retrait des gants à usage unique


  • 1. Saisir un gant au niveau du poignet en évitant de toucher la peau (fig. 3.14 a)
  • 2. retirer le premier gant en le retournant (fig. 3.14 b),
  • 3. rouler le gant retiré dans la paume de l’autre main,
  • 4. insérer un ou deux doigts en crochet à l’intérieur de l’autre gant sans toucher la face externe du gant, et le pincer entre le pouce et l’index sur sa face interne (fig. 3.14 c),
  • 5. retirer le second gant en le retournant (fig. 3.14 d),
  • 6. les jeter ensuite dans un conteneur de déchets d’activité de soins prévu à cet effet (fig. 3.14 e).


Risques

Même si elle est correctement réalisée, la méthode de retrait des gants à usage unique sera complétée par le lavage des mains du secouriste.


Evaluation

Afin d’éviter de se contaminer, en aucun cas la peau des mains du secouriste ne doit entrer en contact avec la face souillée des gants à usage unique.


Points clés
  • Ne jamais toucher la face externe des gants.
  • Jeter les gants dans un conteneur de récupération des déchets d’activité de soins et à risque infectieux.

les dégagements d’urgence d’une victime.

Technique 3.3

Indications

Le dégagement d’urgence d’une victime est réalisé par le secouriste pour :

  • soustraire une victime à un danger réel, vital, immédiat et non contrôlable,
  • réaliser les gestes d’urgence vitale sur une victime se trouvant dans un lieu ou dans une position ne permettant pas de les réaliser.


Justification

Le dégagement d’urgence est destiné à déplacer de quelques mètres ou plus en quelques secondes la victime jusqu’à un lieu sûr et permettre au secouriste de réaliser, en toute sécurité, l’examen, les gestes de secours d’urgence et la surveillance de la victime.


Réalisation

Plusieurs techniques permettent de dégager une victime en urgence.



Traction par les chevilles

Image:Figure_3.15._Traction_par_les_chevilles.PNG
Figure 3.15. Traction par les chevilles

  • Saisir la victime par les chevilles,
  • la tirer sur le sol jusqu'à ce quelle soit en lieu sûr (fig. 3.15).


Traction par les poignets

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Figure 3.16. Traction par les poignets

  • Saisir la victime par les poignets (fig. 3.16),
  • la tirer sur le sol jusqu'à ce qu’elle soit en lieu sûr.



Traction par les vêtements

Image:Figure_3.17._Traction_par_les_vêtements.PNG
Figure 3.17. Traction par les vêtements

  • Saisir les vêtements de la victime (fig. 3.17),
  • la tirer sur le sol jusqu'à ce qu’elle soit en lieu sûr.



Traction sous les aisselles

Image:Figure_3.18._Traction_sous_les_aisselles.PNG
Figure 3.18. Traction sous les aisselles

  • Asseoir la victime en la saisissant par ses vêtements,
  • se placer derrière elle et saisir ses poignets opposés en passant les avant bras sous ses aisselles,
  • surélever la partie supérieure de son corps, ses pieds restant en contact avec le sol,
  • la tirer, à reculons, jusqu'à ce qu’elle soit en lieu sûr (fig. 3.18).



Sortie d’un véhicule

Image:Figure_3.19._Sortie_d’un_véhicule.PNG
Figure 3.19. Sortie d’un véhicule

  • détacher ou couper la ceinture de sécurité,
  • dégager éventuellement les pieds de la victime des pédales du véhicule,
  • passer la main sous son aisselle la plus proche et maintenir son menton,
  • passer l’autre main sous l’autre aisselle et saisir sa ceinture ou son poignet opposé (fig. 3.19),
  • tirer la victime hors du véhicule en se redressant tout en poursuivant le maintien de sa tête,
  • allonger la victime sur le sol en zone sûre en accompagnant sa tête et sa nuque. Un second secouriste peut aider à allonger la victime sur le sol.



Dégagement d’un enfant

Dégager le jeune enfant ou le nourrisson en le portant dans les bras :

  • une main saisit l’épaule opposée, le poignet et l’avant bras soutenant le cou et la tête de l’enfant,
  • l’autre main saisit la hanche opposée en passant sous le bas des cuisses (fig. 3.20).

Image:Figure_3.20._Dégagement_d’un_petit_enfant_en_urgence.PNG
Figure 3.20. Dégagement d’un petit enfant en urgence


Traction sur le sol par « équipier-relais » :

Cette technique, exceptionnelle, permet de tirer une victime gisant sous un obstacle, et accessible par la tête ou par les pieds si on peut se glisser jusqu’à elle. Elle nécessite la hauteur suffisante pour qu’un équipier puisse se glisser sous l’obstacle. Avant tout, calage du véhicule ou de l’obstacle sera réalisé ou vérifié.

Cet équipier (le « relais ») muni de vêtements épais et de gants, rampe sous l’obstacle et aborde la victime : Soit par les pieds : il saisit la victime au niveau des chevilles. (fig. 3.21 a et b)


Image:Figure_3.21._Traction_sur_le_sol,_saisie_par_les_chevilles.JPG
Figure 3.21 : Traction sur le sol, saisie par les chevilles


Soit par la tête (fig. 3.22 a) ; il ramène les poignets de la victime sur la poitrine de celle-ci, puis engage ses propres avants bras sous les aisselles du blessé, la tête de la victime est calée par la tête et l’une des épaules de l’équipier ; le secouriste saisit alors :

  • les poignets de la victime (fig. 3.22-b),
  • ou un poignet et la ceinture (fig. 3.22-c),
  • ou bien les aisselles (fig. 3.22-d)


Image:Figure_3.22_._Traction_sur_le_sol,_saisie_par_les_aisselles_ou_les_poignets.JPG
Figure 3.22 : Traction sur le sol, saisie par les aisselles ou les poignets

Un ou deux autres secouristes saisissent les chevilles du secouriste relais ; lorsque ce dernier dit « tirez », l’ensemble équipier–relais + victime est tiré de dessous l’obstacle (fig. 3.23).


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Figure 3.23 : Traction du secouriste« équipier-relais » par un autre secouriste


Risques

Les techniques de dégagements d’urgence sont susceptibles d’aggraver les lésions de la victime notamment de la colonne vertébrale mais permettent de soustraire une victime à une mort quasi certaine.


Evaluation

La victime doit se trouver en quelques secondes hors de danger, en zone sûre.


Points clés
  • Les prises de la victime sont solides
  • Le dégagement est le plus rapide possible
  • La prise de risques de la part du secouriste est minime.


L’ALERTE

Image:Arbre_de_décision_de_l’alerte.PNG

Arbre de décision de l'alerte


Objectifs

Connaître le rôle des centres de réception et de traitement de l’alerte et du centre 15.

LA CHAINE DE SECOURS
NE PEUT FONCTIONNER SANS SON PREMIER MAILLON :
LA PERSONNE QUI DONNE L’ALERTE.


1.1 Le centre de traitement de l’alerte des sapeurs pompiers

Le(s) centre(s) de traitement de l'alerte dénommé(s) (CTA) sont des structures chargées de la réception, de la transmission, de la centralisation et du traitement de l'alerte et ils sont dotés du numéro d'appel téléphonique d'urgence : le 18.

Les appels sont reçus par un stationnaire qui localise et analyse la demande et déclenche les moyens appropriés du SDIS. Si nécessaire, il transfère l’appelant vers le médecin régulateur du centre 15 pour bénéficier d’une régulation médicale.

A Paris et ses 3 départements limitrophes (92, 93 et 94) les appels 18 / 112 aboutissent au centre de coordination des opérations et de transmission de la Brigade des Sapeurs Pompiers de Paris et à Marseille les appels 18/112 aboutissent au centre opérationnel des services de secours et d’incendie de Marseille.


1.2 Le centre de réception et de régulation des appels du SAMU (centre 15)

Le centre de réception et de régulation des appels (CRRA) dirigé par le SAMU, permet une écoute permanente et une régulation médicale des appels médicaux d’urgence qui y arrivent.

Les CRRA sont basés, le plus souvent, dans un centre hospitalier. Ils sont dotés du numéro unique le 15 et sont départementaux.


Image:Figure_4.1._Centre_de_traitement_de_l’alerte_(numéro_18).JPG
Figure 4.1. Centre de traitement de l’alerte (numéro 18)

Un médecin assure la régulation médicale 24h sur 24, il détermine et apporte dans le délai le plus rapide la réponse la mieux adaptée à la nature des appels.

  • Il recueille le bilan des intervenants (sapeurs-pompiers, secouristes, équipes médicales) et le cas échéant conseille leur action.
  • Il décide de l’envoie sur place d’une équipe médicale (SMUR, médecins des sapeurs pompiers,…) pour la médicalisation de(s) victimes.
  • Il s’assure de la disponibilité des services d’hospitalisation publics ou privés adaptés à l’état de la victime compte tenu du respect du libre choix et fait préparer son accueil.
  • Il organise le cas échéant le transport vers le service choisi, par un service public ou une entreprise privée de transport sanitaire et veille à l’admission de la victime.

Dans l’attente de l’arrivée des moyens de secours ou de l’équipe médicale, le médecin régulateur dispense aux témoins des conseils pour la réalisation des gestes de premiers secours.

Pour répondre de façon adaptée aux demandes, le CRRA peut mobiliser différents types d’effecteurs partenaires ; sapeurs pompiers, transporteurs sanitaires privés, médecins libéraux de garde, structures organisées de médecine d’urgence, équipes médicales des SMUR ou des services de santé et de secours médicaux des sapeurs pompiers (SSSM).

Le CRRA peut également traiter la demande sans envoyer d’intervenants. Le conseil médical fait partie de l’activité du médecin régulateur.

Les CTA et les CRRA sont interconnectés et se tiennent mutuellement informés. Ils sont aussi interconnectés avec les dispositifs de réception des appels des services de Police et de Gendarmerie.


Cette interconnexion permet :

  • que pour tout appel à caractère de santé le médecin régulateur du SAMU soit en contact direct avec l’appelant,


Image:Figure_4.2._Centre_de_traitement_et_de_réception_de_l’alerte_(centre_15).JPG
Figure 4.2. Centre de traitement et de réception de l’alerte (centre 15)

  • qu’en cas de nécessité le SAMU puisse demander l’intervention concomitante d’autres moyens de secours.


1.3 Le Centre d'Information et de Commandement (CIC) de la Police nationale et le Centre Opérationnel de la Gendarmerie nationale

La réception des appels au « 17 » est assurée selon les circonscriptions :

  • par la Gendarmerie nationale ;
  • par la Police nationale

Les opérateurs qui réceptionnent l’appel, sont spécialisé dans leur domaine. Ils recueillent l'information, l'analysent, décident des moyens de police ou de gendarmerie à mettre en oeuvre puis assurent le suivi de la mission.

Si nécessaire, ils informent les autres services de secours (pompiers, SAMU…) qui sont reliés aux services de police par une ligne directe exclusivement réservée à cet effet.


Image:Figure_4.3_._Opérateur_radio,_C.I.C.JPG
Figure 4.3 : Opérateur radio, C.I.C


1.4 Cas particulier : l’alerte en mer

La réception de l’alerte en mer est assurée par les Centre Régionaux Opérationnels de Surveillance et de Sauvetage (CROSS).

Les CROSS sont chargés d’assurer une permanence opérationnelle permettant de répondre à toute demande d’assistance en mer (sauvetage de la vie humaine en mer) par la mise en oeuvre de moyens opérationnels (Marine Nationale, gendarmerie, Douanes, Sécurité civile, Société Nationale de Sauvetage Maritime, moyens privés).

Les CROSS veillent le canal radio-maritime 16 (VHF) et le canal 70 (ASN). Ils sont en interconnexion directe avec les autres services de secours : pompiers, police gendarmerie, SAMU.

Image:Figure_4.4._Centre_régionaux_Opérationnels_de_Surveillance.JPG
Figure 4.4. Centre régionaux Opérationnels de Surveillance et de sauvetage (CROSS)

Contribuer par son action, à mettre en oeuvre les différents maillons nécessaires de la chaîne de secours (alerte, diffusion de l’information…).


L’alerte est l’action qui consiste à informer un service d’urgence de la présence d’une ou de plusieurs victimes affectées par une ou plusieurs détresses ainsi que de la nature de l’assistance qui leur est apportée pour poursuivre la mise en oeuvre de la chaîne de secours.

Dans un contexte de détresse, l’absence d’information à un service d’urgence peut compromettre la vie ou la santé d’une victime malgré les premiers secours assurés par un secouriste.


2.1 Justification

La vie de toute personne peut, un jour ou l’autre, être menacée par un accident ou une maladie brutale.

Le secouriste témoin d’une situation de détresse doit, après avoir protégé, alerter les secours, ou s’assurer qu’ils ont été effectivement alertés et pratiquer les gestes de premiers secours en attendant leur arrivée.

Sur les lieux d’un accident ou d’une détresse, le secouriste fait partie des personnes qualifiées pour initier la chaîne des secours. L’ALERTE, transmise au service d’urgence par les moyens les plus appropriés disponibles, doit être rapide et précise pour diminuer les délais d’arrivée des secours nécessaires.

Tout retard et toute imprécision peuvent concourir à l’aggravation de l’état de la victime.


2.2 Conduite à tenir

1- Décider d’alerter les secours

  • A l’occasion de toute situation présentant des risques ou lorsqu’une vie est en danger ;
  • Dès que possible, mais après une évaluation rapide et précise de la situation et des risques.

2- Se munir d’un moyen de communication

Si le secouriste est isolé, l’alerte des secours peut être réalisée à l’aide (fig. 4.5) :

  • d’une cabine téléphonique,
  • d’une borne d’appel (qui est reliée directement à un service de secours),
  • d’un téléphone mobile ou fixe.

Si le secouriste opère dans le cadre d’un PAPS, il doit disposer ,

  • d’un appareil de radio fixe ou portatif en liaison avec le dispositif mis en place, dans tous les cas, il respectera les procédures radio.

3- Choisir un service de secours adapté

  • Le 18 : les SAPEURS-POMPIERS pour tout problème de secours, notamment accidents, incendies ;
  • Le 15 : le SAMU pour tout problème urgent de santé ; c’est un secours médicalisé ;
  • Le 17 : la POLICE ou la GENDARMERIE pour tout problème de sécurité ou d’ordre public ;
  • Le 112 : numéro d’appel unique des urgences sur le territoire Européen, recommandé aux étrangers circulant en France et aux Français circulant à l’étranger ;
  • Le 115 : le SAMU social pour toutes personnes qui présente une détresse sociale comme les personnes sans domicile ou sans abris et exposées aux intempéries.


L’appel aux numéros 18, 15, 17 ou 112 est gratuit et possible sur tout appareil raccordé au réseau téléphonique national
même en l’absence de monnaie ou de carte téléphonique et de code PIN pour les téléphones mobiles (que pour le 112).

L’usage des bornes d’appel est également gratuit. Cet appel aboutit directement à un service de secours.

Au cours de certaines opérations de secours, il existe des procédures spécifiques qui sont mise en oeuvre pour la transmission de l’alerte. Le secouriste devra en prendre connaissance avant chaque mission de secours.

A l’intérieur de certains établissements, il faut respecter la procédure d’alerte particulière à ceux-ci, généralement affichée près des postes téléphoniques.


Image:Figure_4.5_._les_moyens_de_l’alerte..PNG
Figure 4.5 : les moyens de l’alerte.


4- Transmettre les informations

Le secouriste doit pouvoir renseigner les services d’urgence et donner les indications suivantes :

  • Se présenter en donnant le NUMÉRO DU TÉLÉPHONE ou l’indicatif radio du poste d’appel et si nécessaire en précisant son nom et/ ou le numéro de la mission,
  • la NATURE DU PROBLÈME, maladie ou accidents,
  • les RISQUES éventuels : incendie, explosion, effondrement, produits chimiques et tout autre danger,
  • la LOCALISATION très précise de l’événement,
  • le NOMBRE de personnes concernées,
  • la GRAVITÉ de l’état de la ou des victimes,
  • les PREMIÈRES MESURES PRISES ET GESTES EFFECTUÉS,

et répondre aux questions qui lui seront posées par les secours ou par le médecin du centre 15.

Un dialogue doit s’instaurer entre le secouriste et le service d’urgence appelé ; ce dernier peut donner des conseils et/ou des instructions sur la conduite à tenir, soit en attendant l’arrivée des secours d’urgence sur les lieux, soit pour permettre au secouriste de conclure son action lorsque celle ci est suffisante et ne nécessite pas l’intervention d’un service de secours complémentaire.

Le message d’alerte achevé, l’appelant doit attendre les instructions avant d’interrompre la communication.


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