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Réanimation cardio-pulmonaire

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Sommaire

Situation

La victime est inconsciente et ne présente plus de mouvements respiratoires.

Résultats attendus

Cette référence technique contient les connaissances nécessaires pour :

  • mettre en oeuvre une réanimation cardio-pulmonaire de base chez une victime inconsciente qui ne respire pas.

Abréviations

LVA : liberté des voies aériennes.

PLS : position latérale de sécurité.

RCP : réanimation cardio-pulmonaire.

Développement

Définition

La victime ne parle pas, elle ne réagit pas à un ordre simple, aucun mouvement de la poitrine ni de l'abdomen n'est visible et aucun bruit ou souffle n'est perçu.

L'arrêt de la respiration avec perte de conscience peut être lié :

  • à l'évolution d'une obstruction brutale des voies aériennes, dont les manoeuvres de désobstruction ont été vaines,
  • à une intoxication,
  • à un traumatisme, ou un accident dû à l'eau (noyade), ou à l'électricité,
  • à une maladie, qui peut toucher le coeur, comme l'infarctus du myocarde.

Risques

La vie d'une victime en arrêt respiratoire est à brève échéance menacée. Si aucun geste de premiers secours n'est réalisé, un arrêt cardiaque surviendra.

Devant une victime inconsciente en arrêt respiratoire, un sauveteur doit, après avoir libéré les voies aériennes de la victime, effectuer une réanimation cardio-pulmonaire (RCP) pour lui assurer l'apport d'air aux poumons et d'oxygène aux tissus, et permettre ainsi sa survie en attendant l'arrivée des secours d'urgence.

Conduite à tenir

La victime est le plus souvent étendue sur le dos.

1.Réaliser la protection.
  • La prévention du suraccident est un préalable obligatoire à toute action de secours.
  • Le sauveteur et la victime sont en sécurité.


2.Apprécier l'état de conscience.

La victime est inconsciente, elle ne répond pas à une question simple et ne réagit pas quand on lui demande de serrer la main (voir RT 5).


3.Appeler « à l'aide » si vous êtes seul.

Afin d'obtenir une aide de la part d'un témoin qui pourra aller alerter les secours après le contrôle de la respiration.


4.Assurer IMMÉDIATEMENT la liberté des voies aériennes.
  • Desserrer ou dégrafer rapidement tout ce qui peut gêner la respiration.
  • Basculer doucement la tête de la victime en arrière et élever le menton (voir fig. 29 et aussi RT 5).
  • Ouvrir la bouche et retirer d'éventuels corps étrangers. Garder le menton élevé.


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Figure 29 : Libérer les voies aériennes


5.Apprécier la respiration pendant 10 secondes au plus.

La victime ne respire pas, aucun souffle n'est perçu, aucun bruit n'est entendu, ni le ventre, ni la poitrine de la victime ne se soulèvent pendant les 10 secondes que dure cette recherche.


6.Faire alerter les secours.

L'alerte doit être réalisée le plus tôt possible, immédiatement après avoir reconnu un arrêt de la respiration.


7.Pratiquer immédiatement deux insufflations.
  • Placer la victime sur le dos si elle n'est pas déjà dans cette position.
  • Réaliser 2 insufflations efficaces, chacune entraînant un début de soulèvement de la poitrine en utilisant la technique du bouche à bouche ou du bouche à nez (voir technique de ventilation artificielle page 62).


8.S'assurer de la présence de signes de circulation.

Comme :

  • la survenu de toux ou de mouvements de la victime pendant les insufflations
  • la reprise de la respiration après avoir réalisé les insufflations.

Ne pas mettre plus de 10 seconde pour effectuer cette recherche.

Si le sauveteur est certain de l'absence de signes de circulation après les 2 insufflations, c'est que le cœur ne fonctionne plus correctement : il faut immédiatement débuter la RCP.


9.Pratiquer les compressions thoraciques associées à une ventilation artificielle.
  • Placer la victime sur un plan dur si elle n'est pas déjà dans cette position.
  • Réaliser 15 compressions sur la moitié inférieure du sternum (voir technique des compressions thoraciques chez l'adulte page 65). Chez l'enfant et le nourrisson, 5 compressions seront réalisées (voir technique des compressions thoraciques chez l'enfant et le nourrisson).
  • Après les compressions du sternum, replacer la tête de la victime en arrière, élever le menton et réaliser 2 insufflations efficaces chez l'adulte, 1 chez l'enfant et le nourrisson.
  • Replacer sans délai les mains sur la moitié inférieure du sternum et réaliser une nouvelle série de compressions de la poitrine. Continuer ainsi en alternant 15 compressions de la poitrine avec 2 insufflations chez l'adulte, 5 compressions avec 1 insufflation chez l'enfant et le nourrisson.

La fréquence des compressions sternales doit être de 100 par minute quel que soit l'âge, associée à 8 à 10 insufflations efficaces.


10.Poursuivre les manœuvres de réanimation et surveiller leur efficacité.

Tous les 5 cycles de 15 compressions thoraciques et de 2 insufflations (10 cycles de 5 compressions thoraciques et de 1 insufflation chez l'enfant et le nourrisson), le sauveteur interrompt les manœuvres de RCP pour rechercher la présence de signes de circulation. Cette recherche ne doit pas durer plus de 10 secondes.

Si les signes de circulation, dont la respiration, sont présents, installer la victime en PLS et surveiller en permanence sa respiration. Si la respiration s'arrête de nouveau ou en cas de doute remettre la victime sur le dos et recommencer la RCP.

Si les signes de circulation sont absents, poursuivre la RCP. Recommencer une série de 5 cycles de RCP (10 chez l'enfant et le nourrisson) et ainsi de suite jusqu'à l'arrivée des secours.


Justification

Cette conduite à tenir permet de suppléer la respiration et la circulation défaillantes de la victime, afin d'assurer une oxygénation et une circulation du sang en attendant l'arrivée des secours d'urgence médicalisés.


Techniques


Techniques de ventilation artificielle sans matériel

Les techniques de ventilation artificielle sont le bouche-à-bouche et le bouche-à-nez. Elles sont d'efficacité équivalente.

Ces méthodes orales, utilisées indifféremment, permettent d'insuffler directement à la victime l'air rejeté par le sauveteur ; cet air contient suffisamment d'oxygène pour rendre ces techniques efficaces.

La méthode choisie ne sera efficace que si les voies aériennes de la victime sont et restent libres.

Il faut éviter deux erreurs :

  • exécuter les mouvements selon une fréquence trop rapide ;
  • régler les mouvements sur sa propre respiration, car la fréquence en est augmentée par l'effort et l'émotion.

Il faut donc pratiquer la ventilation artificielle posément, régulièrement, en ménageant ses forces.


Le bouche-à-bouche
  • S'agenouiller à côté de la victime, près de son visage.
  • Avec la main placée sur le front de la victime, obstruer le nez en le pinçant entre le pouce et l'index pour empêcher toute fuite d'air par le nez, tout en maintenant la tête en arrière.
  • Avec la main placée sous le menton de la victime, ouvrir légèrement sa bouche tout en maintenant son menton soulevé, en utilisant « la pince » constituée du pouce, placé sur le menton, et des deux autres doigts placés immédiatement sous sa pointe.
  • Après avoir inspiré sans excès, appliquer la bouche largement ouverte autour de la bouche de la victime en appuyant fortement pour éviter toute fuite (fig. 30).


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Figure 30. Bouche-à-bouche, insufflation.


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Figure 31. Bouche-à-bouche, expiration.


  • Insuffler progressivement en 2 secondes jusqu'à ce que la poitrine de la victime commence à se soulever.
  • Se redresser légèrement, reprendre son souffle tout en regardant la poitrine de la victime s'affaisser ; l'expiration de la victime est passive (fig. 31).

Le volume de chaque insufflation doit être suffisant pour que le sauveteur commence à voir la poitrine de la victime se soulever ou s'abaisser après l'insufflation..

Il existe certains dispositifs qui s'interposent entre la bouche du sauveteur et le visage de la victime pour vaincre la répulsion qui pourrait conduire à l'abstention de la ventilation artificielle.


Le bouche-à-nez
  • S'agenouiller à côté de la victime, près de son visage.
  • Avec la main placée sur le front, maintenir la tête basculée en arrière.
  • Avec l'autre main, soulever le menton sans appuyer sur la gorge et tenir la bouche de la victime fermée, le pouce appliquant la lèvre inférieure contre la lèvre supérieure pour éviter les fuites.


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Figure 32. Bouche-à-nez, insufflation.


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Figure 33. Bouche-à-nez, expiration.


  • Appliquer la bouche largement ouverte autour du nez de la victime.
  • Insuffler progressivement en 2 secondes jusqu'à ce que la poitrine commence à se soulever (fig. 32).
  • Se redresser légèrement, reprendre son souffle tout en regardant la poitrine de la victime s'affaisser ; l'expiration de la victime est passive (fig. 33).


Le bouche-à-bouche-et-nez

Chez le nourrisson, le bouche-à-bouche-et-nez est la technique de ventilation artificielle qu'il faut réaliser (fig. 34).

Cette technique se distingue de celle du bouche-à-bouche, car :

  • le sauveteur englobe avec sa bouche à la fois la bouche et le nez de la victime.
  • La fréquence des insufflations est plus élevée que chez l'adulte.
  • Le volume des insufflations est plus faible que chez l'adulte, pour voir la poitrine commencer à se soulever.


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Figure 34. bouche-à-bouche et nez, insufflation.


Techniques des compressions thoraciques chez l'adulte

La victime est installée en position horizontale, sur le dos, sur un plan dur (sol).

  • Se placer à genoux auprès de la victime.
  • Dans la mesure du possible, dénuder la poitrine de la victime.
  • Déterminer la zone d'appui de la façon suivante :
    • repérer, de l'extrémité du majeur, le creux situé en haut du sternum à la base du cou ;
    • repérer, du majeur de l'autre main, le creux où les côtes se rejoignent (en bas du sternum) ;
    • déterminer le milieu du sternum (fig. 35).
  • Placer le « talon » d'une main (fig. 36) juste en dessous du milieu repéré, c'est-à-dire sur le haut de la moitié inférieure du sternum.

L'appui sur le thorax doit se faire sur le sternum, strictement sur la ligne médiane, jamais sur les côtes.

  • Placer l'autre main au-dessus de la première, en entrecroisant les doigts des deux mains. On peut aussi placer la seconde main à plat sur la première, mais en veillant à bien relever les doigts sans les laisser au contact du thorax (fig. 37).


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Figure 35. Localiser la zone d'appui sur le sternum.


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Figure 36. Le talon de la main.


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Figure 37. Position des mains du sauveteur, doigts crochetés ou mains croisées. Zone d'appui


  • Réaliser des compressions sternales successives de 4 à 5 cm en restant bien vertical par rapport au sol pendant toutes la manœuvre (Fig. 38 et 39), si besoin en écartant le bras de la victime.

Tout balancement d'avant en arrière du tronc du sauveteur doit être proscrit : les coudes ne doivent pas être fléchis, les avant-bras sont bien tendus dans le prolongement des bras.

Les mains restent en contact avec le sternum entre chaque compression.

La durée de compression doit être égale à celle du relâchement de la pression sur le thorax (rapport 50/50).

Le thorax doit reprendre sa dimension initiale après chaque compression (qui doit donc être relâchée complètement) pour que l'efficacité des compressions thoraciques soit maximale.

  • Intercaler deux insufflations toutes les quinze compressions du sternum.

Le passage de l'insufflation aux compressions et des compressions aux insufflations doit être effectué aussi rapidement que possible, sous peine de diminuer l'efficacité de la RCP. Après chaque insufflation, les mains seront placées au même endroit pour réaliser les compressions thoraciques sans nouvelle recherche systématique de la zone d'appui.


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Figure 38. Compressions thoraciques, bras de la victime le long du corps.


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Figure 39 : Compressions thoraciques, bras de la victime entre les jambes du sauveteur.


Techniques des compressions thoraciques chez l'enfant (1 à 8 ans)

  • Chez l'enfant, les compressions thoraciques sont réalisées avec un seul bras.
  • Déterminer la zone d'appui de la même façon que chez l'adulte.
  • Placer le « talon » d'une main sur la moitié inférieure du sternum (fig. 40).
  • Bien relever les doigts pour ne pas appuyer sur les côtes.
  • Se placer bien au dessus de l'enfant, à la verticale de sa poitrine, et avec le bras tendu comprimer le sternum d'environ 3 à 4 cm.
  • Renouveler les compressions thoraciques à une fréquence d'environ 100 par minute.
  • Après 5 compressions, basculer la tête de l'enfant en arrière, élever le menton et réaliser une insufflation.
  • Replacer le talon de la main à la bonne position et réaliser 5 nouvelles compressions.
  • Continuer d'alterner 5 compressions sternales avec 1 insufflation.


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Figure 40. Compressions thoraciques chez l'enfant.


Techniques des compressions thoraciques chez le nourrisson (moins de 1 an)

  • Localiser le sternum du nourrisson et placer la pulpe de deux doigts d'une main dans l'axe du sternum, une largeur de doigt au-dessous d'une ligne droite imaginaire réunissant les mamelons de l'enfant (Fig. 41).
  • Comprimer régulièrement le sternum avec la pulpe des deux doigts d'environ 2 à 3 cm et à une fréquence de 100 par minute.
  • Après 5 compressions, basculer la tête du nourrisson en arrière, élever le menton et réaliser une insufflation.
  • Replacer la pulpe des doigts immédiatement à la bonne position et réaliser 5 nouvelles compressions.
  • Continuer d'alterner 5 compressions sternales avec 1 insufflation.


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Figure 41 . Compressions thoraciques chez le nourrisson.


Cas particuliers

La victime réagit aux 2 insufflations, mais ne respire toujours pas
  • 1.Après avoir réalisé les 2 insufflations initiales, si la victime présente des mouvements ou tousse, apprécier la respiration. En son absence, réaliser 1 minute de ventilation artificielle.

La fréquence adoptée des insufflations est alors d'environ 10 à 12 par minute soit un cycle insufflation-expiration toutes les 4 à 5 secondes chez l'adulte. Chez l'enfant et le nourrisson, la fréquence des insufflations sera de 20 par minute, soit un cycle insufflation-expiration toutes les 3 secondes.

  • 2.Au bout de 1 minute, rechercher à nouveau les signes de circulation. S'ils sont absents ou en cas de doute, commencer immédiatement la RCP. Dans le cas contraire, adapter la conduite à tenir comme indiqué ci-dessus.
Le sauveteur est seul avec la victime
  • S'il s'agit d'un adulte, alerter immédiatement les secours après avoir constaté l'arrêt de la respiration. Dès que l'alerte est donnée, revenir auprès de la victime et poursuivre la conduite à tenir à l'endroit où elle à été interrompu.

Chez l'adulte, où l'arrêt du fonctionnement du cœur est la première cause de l'arrêt de la respiration, le sauveteur doit alerter immédiatement pour provoquer l'arrivée rapide des secours capable de pratiquer des techniques spéciales de réanimation cardiaque

  • S'il s'agit d'un enfant de moins de 8 ans, ou une personne victime d'une noyade ou d'une intoxication (médicaments, alcool, drogues...), réaliser 1 minute de RCP (ou de ventilation artificielle si la victime bouge, tousse et ne respire pas) avant d'aller alerter. Revenir ensuite auprès de la victime pour poursuivre la conduite à tenir après avoir contrôlé la respiration.

Dans ces situations, c'est l'arrêt de la respiration qui est à l'origine de l'arrêt du fonctionnement du cœur. Le sauveteur doit réaliser 1 minute de RCP (ou de ventilation artificielle) pour apporter de l'oxygène à la victime avant de la quitter pour alerter les secours.

Le ventre et la poitrine de la victime ne se soulèvent pas lors des 2 premières insufflations
  • 1.Ouvrir la bouche et re-contrôler la présence éventuelle d'un corps étranger, si nécessaire, le retirer avec les doigts (voir RT 5).
  • 2.S'assurer que la tête de la victime est bien en arrière et que son menton est élevé.
  • 3.Renouveler 5 nouvelles insufflations pour obtenir au minimum 2 insufflations efficaces.
  • 4.Si les insufflations sont toujours inefficaces, commencer immédiatement la RCP. Toutefois, après chaque série de 15 compressions thoraciques, vérifier la présence de corps étranger dans la bouche avant de souffler. Si tel est le cas, le retirer comme décrit précédemment.

Devant une impossibilité de réaliser des insufflations efficaces, le sauveteur doit envisager une obturation totale des voies aériennes ayant entraîné une inconscience et un arrêt de la respiration de la victime (voir RT 3). Les compressions thoraciques agiront de la même façon que les compressions abdominales dans la méthode de Heimlich.


L'arbre de décision

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Tableau 7 : La victime inconsciente ne respire pas, des témoins sont présents.

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Tableau 8 : La victime inconsciente ne respire pas, le sauveteur est seul.

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