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Généralités
Objectif
Le score de Glasgow permet d'évaluer l'état de conscience d'une victime et de suivre son évolution par comparaison des résultats obtenus.
L'objectivité de cette cotation est un avantage, par contre elle ne fournit pas de renseignement sur les facteurs qui ont déclenché le trouble de la conscience.
Il a été élaboré pour l'évaluation des traumatismes crâniens, et notamment la surveillance de l'évolution.
En raison de sa simplicité, il est fréquemment utilisé dans le contexte préhospitalier pour tous les types d'accidents. Toutefois, il ne s'agit que d'une formalisation de l'évaluation de la conscience (les éléments de bilans sont transformés en chiffres). S'il permet de déterminer un certain nombre d'action réflexe (notamment sur la mise en place d'une protection des voies aériennes), il n'apporte en revanche aucune aide au diagnostic particulière. Un bilan neurologique plus poussé nécessite un recours à des tests de réflexes, voir à des moyens d'imagerie (scanner, IRM).
Autres appellations
- Échelle de Coma de Glasgow
- Glasgow Coma Scale—GCS (en anglais)
Petit retour en arrière…
Le score de coma de Glasgow a été mis au point, au début des années 1970, dans un institut neurologique en Ecosse : à Glasgow. Il a nécessité de nombreuses études pour valider cette échelle.
Les troubles de la conscience
Les différents stades de la conscience vers l'inconscience :
- la vigilance
- la somnolence
- la stupeur
- le coma
L'inconscience indique toujours une perturbation du fonctionnement cérébral. On distingue :
- une perte de la conscience temporaire (brève) : l'évanouissement, ou la syncope lorsqu'il est dû à un arrêt cardiaque bref et réversible ;
- une absence totale et prolongée de réponse aux stimulus sensoriels : le coma.
Définitions
- Inconscience
- État d'une personne qui a perdu connaissance ou qui n'a plus conscience d'elle-même ni du monde.
- Coma
- Altération de la conscience de degrés variables avec perte de la motricité volontaire, de la sensibilité, et maintien partiel des fonctions vitales
Causes (liste non exhaustive)
- Traumatisme
- Intoxication (médicamenteuse, alcoolique…)
- Maladie neurologique (épilepsie, tumeur cérébrale)
- accident vasculaire cérébral
- Hémorragie (hémorragie méningée, rupture d'anévrysme, hématome sous-dural)
- Infarctus cérébral (caillot)
Évolution
Les comas sont évolutifs : ils peuvent s'améliorer ou s'aggraver (« coma dépassé » qui laisse apparaître les signes de mort cérébrale).
Le score de Glasgow
Principes
Cette échelle numérique va donc nous permettre d'évaluer à un instant donné le trouble de la conscience et ainsi suivre son évolution à partir de trois éléments basés sur l'ouverture des yeux (E pour eyes) et l'examen des réactions de la personne à des stimulations verbales (V) ou douloureuses.
Pour chaque paramètre la note est attribuée en fonction de l'état de la victime en se référant aux critères ci-dessous :
| | E/ Ouverture des yeux | V/ Réponse verbale | M/ Réponse motrice
|
| 1 | Aucune | Aucune | Aucune
|
| 2 | A la douleur | Incompréhensible | Décérébration
|
| 3 | Au bruit, à l'appel | Inappropriée | Décortication
|
| 4 | Spontanée | Confuse, désorientée | Evitement
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| 5 | | Orientée, claire | Orientée, adaptée
|
| 6 | | | Sur ordre
|
- Résultats
- Additionner les trois chiffres obtenus dans chaque élément (E + V + M), on obtient ainsi un score entre 3 et 15
- Transmettre également les scores individuels
- Un total inférieur à 12 doit inquiéter
- on parle de « coma » pour un score inférieur ou égal à 8
Explications de l'examen
- E/Ouverture des yeux
- Réponses lorsque l'on demande à la victime d'ouvrir les yeux (stimulation verbale) :
- Aucune → n'ouvre jamais les yeux
- À la douleur → ouvre les yeux à la stimulation douloureuse*
- Au bruit, à l'appel → ouvre les yeux à la parole, à la demande
- Spontanée → ouvre les yeux spontanément
- V/ Réponse verbale
- Réponses aux questions posées à la victime :
- Aucune → ne répond à aucune question, n'émet aucun son
- Incompréhensible → émet des gémissements, grognements, la conversation est impossible
- Inappropriée → émet des mots compréhensibles, mais la conversation reste impossible
- Confuse, désorientée → la conversation est possible mais la victime émet des propos confus et/ou désorientés
- Orientée, claire → répond aux questions de façon appropriée, la victime a conscience d'elle même et de son environnement
- M/ Réponse motrice
- Mouvements des membres de la victime, en réponse à une stimulation douloureuse :
- Aucune → aucun mouvement n'est perceptible
- Décérébration → réaction au stimuli douloureux : mouvement d'enroulement des membres supérieurs et extension des membres inférieurs + flexion plantaire
- Décortication → réaction au stimuli douloureux : flexions lentes des membres supérieurs (triple flexions) et extension des membres inférieurs
- Évitement → flexion rapide, mais non orientée, face à la stimulation douloureuse
- Orientée, adaptée → réagit au stimuli : localise le point douloureux et effectue un mouvement (flexion) pour faire disparaître la douleur
- Sur ordre → perçoit un stimuli et effectue le mouvement demandé
Limites
Dans certains cas, il va être difficile d'utiliser le score de Glasgow :
- chez les bébés, jeunes enfants ; il existe pour cela un score de Glasgow pédiatrique ;
- chez les personnes profondément sourdes ;
- chez les personnes qui présentent une paralysie…
Ceci met en évidence l'importance de transmettre les valeurs individuelles ; par exemple nue eprsonne muette avec un Glasgow à 10 (4/0/6) sera parfaitement consciente.
Autres échelles
- Échelle AVPU (stade de I à IV) : Alert (victime consciente) — Verbal (ne bouge pas spontanément mais réagit aux sollicitations verbales) — Pain (réaction uniquement à la douleur) — Unresponsive (victime sans réaction)
- Échelle de Glasgow Liège (plus spécifique)
- Échelle de Glasgow pédiatrique
| | E/ Ouverture des yeux | V/ Réponse verbale | M/ Réponse motrice
|
| 1 | Aucune | Aucune | Aucune
|
| 2 | À la douleur | Grognements à la douleur | Décérébration
|
| 3 | Au bruit, à l'appel | Cris, pleurs à la douleur | Décortication
|
| 4 | Spontanée | Enfant irritable, pleurs continuels | Retrait à la douleur
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| 5 | | Normal (lalations, gazouillis) | Retrait au toucher
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| 6 | | | Mouvements spontanés
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Pour conclure…
Le score de Glasgow n'est qu'une formalisation. Que les informations soient transmises en clair (« victime confuse ») ou sous forme de nombre (V : 4) ne change rien à la qualité du bilan.
Toutefois, la démarche est intéressante car elle détaille plus le bilan de conscience que ne le fait le CFAPSE, avec notamment la recherche de signes plus précis comme qualité de la réaction à la douleur par exemple, notion totalement absente du bilan de base. Cette finesse de description de la réaction à la douleur constitue un réel plus, à condition d'être maîtrisé par le secouriste.
Bibliographie